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Beth Hart / Chronique LP > War in my mind

Beth Hart - War in my Mind Après avoir signé une troisième collaboration avec Joe Bonamassa (2018 - Black coffee), Beth Hart sort cet automne un nouveau disque en solo : War in my mind. Une production soutenue par Rob Cavallo (Green Day, My Chemical Romance, Phil Collins...).

Avec "Bad woman blues", Beth Hart met immédiatement du rythme. L'intensité dans sa voix est déjà au rendez-vous. Le côté pop instrumental parvient difficilement à mettre de la profondeur. La chose ne tarde pas à se remédier. "War in my mind" semble plus sincère, plus authentique. Accompagné par un clavier impeccablement juste, la voix de la chanteuse montre ses capacités mélodieuses dans le calme et la puissance. Pour ceux qui aiment secrètement se suspendre dans les airs, "Whitout words in the way" est sans aucun doute le morceau idéal. Avec un accompagnement musical minimaliste dont le piano est la seule pierre apparente, la chanteuse livre une musique magnifiquement nostalgique. Sans lâcher les touches blanches et noires, Beth Hart relance un peu la machine sur "Let it grow". Les chœurs sont suffisamment bien dosés pour faire monter le morceau crescendo. "Try a little harder" fait mieux sur le groove qui donne à la chanson quelque chose de lumineux. Une option prise rarement par l'artiste sur ce disque qui semble témoigner d'un parcours personnel mouvementé. "Rub me for luck" et "Tankful" font encore de belles ballades.

War in my mind est un album sombre et poignant. Beth Hart est souvent seule dans la lumière avec son piano. Éloignée des guitares, elle livre une musique à la périphérie de son blues rock habituel. Derrière ses envolées lyriques réside une dimension intime qui vibre au creux de sa voix.

Beth Hart / Chronique LP > Fire on the floor

BETH HART  Fire on the floor Chanteuse au charisme scénique impressionnant, Beth Hart est imprégnée des os jusqu'à la moelle par le blues rock. Active depuis 1996, elle reprend aisément et au choix des artistes tels que les Rolling Stones, les Beatles ou encore Janis Joplin. Avec vingt années de carrière, l'artiste sort en moyenne un album studio tous les deux ans. En 2010, elle participe à l'album solo Slash (Guns N' Roses, Slash's Snakepit, Velvet Revolver) sur le morceau "Mother Maria". Beth Hart renvoie l'ascenseur au guitariste en l'invitant sur son album My California pour le titre "Sister Heroin". Elle entame ensuite une collaboration longue de trois années avec le guitariste Joe Bonamassa (Black Country Communion). Une fois l'histoire consumée, la chanteuse enchaîne sur Better than home (2015) et Fire on the floor (2016).

Beth Hart choisit d'amorcer ce dernier album sur un petit jazz vocal. Un truc qui arrive à pas de velours qui lui va comme un gant dans le rythme comme dans l'intention. Sur les refrains, elle prend toute son envergure pour donner quelques consonances rock. Elle revient délicate se glisser dans la peau de Jessica Rabbit lorsqu'elle interprétait "Why don't you do right". De quoi se laisser charmer un instant dans la lumière tamisée d'un bar de Chicago. Tout est alors pour le mieux. Dommage, l'ambiance retombe un peu sur les deux morceaux suivants malgré quelques riffs d'une guitare bluesy et sympa. Il faut attendre "Let's get together" pour relancer la sauce avec sa pop remplie de cuivres.

Calibré à la manière d'un gros blues rock, "Love is a lie" exploite pleinement les capacités de Beth Hart derrière le micro et franchement c'est libérateur. Car si elle peut largement s'aventurer dans des chemins de traverse, c'est dans ce registre que réside son talent. La section instrumentale délivre un accompagnement parfait pour ne rien gâcher. "Fat man" est dans la même veine mais Beth Hart semble avoir décidé de jouer les montagnes russes sur son album. Après un "Fire On The Floor" pas si enflammé, la chanteuse nous plonge un moment dans la nostalgie. Les écarts de température semblent être de son goût. En effet, elle relance la machine avec un "Baby Shot Me Down" qui laisse entrevoir son côté soul puis termine son oeuvre seule (ou presque) sur des morceaux calmes et transpirants la romance.

Les teintes jazz de l'album sont un délice trop court. Les réminiscences de son apogée dans le blues rock sont toujours un plaisir à entendre et quelques prolongations en la matière auraient été bienvenues. Quoi qu'il en soit la voix de l'artiste possède toujours quelque chose d'unique. Fire on the floor est de ce fait une friandise pour les oreilles.