Berri Txarrak 20 ans, c'est une longue histoire avec quelques modifications de line-up, la formule trio, c'est finalement le bon équilibre ?
Je pense que oui... On a commencé à quatre et on a joué comme ça pendant 10 ans. Quand notre guitariste a quitté le groupe, on est de fait devenu un trio, on l'est resté. Ca te force à être plus fin avec les arrangements et quand tout fonctionne, je pense que c'est la formation la plus solide et la plus cool pour faire du rock.

D'où est venue l'idée de ce triple album ?
C'étaient les 20 ans de Berri Txarrak et on voulait faire un truc spécial... Pas sortir un live ou un best of comme font beaucoup de groupes qui doivent fêter leur anniversaire. Du coup, on s'est dit que ce serait bien d'écrire 20 nouveaux titres et de le faire dans 3 endroits différents puisque notre musique est influencée par plusieurs styles. L'idée de base c'était de montrer 3 approches différentes de la musique rock par un seul et même groupe.

L'artwork est très beau, MiraRuido est très créatif, pourquoi ce choix spécifique ?
C'est une belle coïncidence. On était à Los Angeles, on bossait avec Ross Robinson et on avait commencé à chercher des artistes sur le web pour avoir des idées pour le nouvel album. Parmi beaucoup d'autres à travers le monde, on a trouvé ce mec puis on a découvert qu'il était de Vitoria-Gasteiz ! C'est un grand artiste, il a travaillé avec des magazines américains comme Squire, mais ici, personne ne le connaît. On lui a envoyé un e-mail et tout s'est bien passé. Son message visuel et nos textes sur cet album sont très proches.

Berri txarrak - Denbora da poligrafo bakarra 3 producteurs, 3 studios, c'est beaucoup de travail et d'investissement, vous ne vous êtes jamais dit "c'est trop" ?
Bien sûr on l'a pensé... Mais une fois qu'on a commencé à écrire et enregistrer les EPs, tout est devenu si simple... En fait, c'était plutôt amusant, écrire un premier EP, aller en Californie, l'enregistrer, revenir au local de répét' pour écrire le suivant, partir l'enregistrer à Madrid, revenir... L'année a été très chargée mais on est très content de cet album.

Je vous sens plus amateur de concert que de studio, vous prenez autant de plaisir à être enfermés ?
En fait, on aime les deux. Enregistrer est toujours magique parce que tu vois tes titres grandir et devenir quelque chose de différent de ce qu'ils étaient à l'origine. Mais comme tous les groupes de rock, on préfère les concerts.

3 producteurs, 3 personnalités, est-ce qu'ils imposent leur ambiance dans le studio ou celle créée par Berri Txarrak l'emporte ?
D'habitude, on écrit sans réfléchir à savoir de quel style doit être le morceau, cette fois-ci, c'était différent. On savait quel producteur travaillerait les titres et on voulait un son différent pour chaque EP alors on a écrit ces titres dans le but de faire 3 disques vraiment différents. Je ne dirais pas que les titres ont beaucoup changé en studio, ils ont juste évolué en fonction de notre ouverture d'esprit et du boulot remarquable de chaque producteur.

Je trouve le résultat inégal avec un premier EP moins réussi et un troisième excellent, vous pouvez me faire changer d'avis ?
On n'est pas franchement un groupe très technique, on aime les imperfections, on s'intéresse juste à l'ambiance et l'émotion que dégage un titre, bien plus en tout cas qu'au son en particulier ou à la performance pure. La philosophie de Ross Robinson est la même, alors oui, tu peux trouver des erreurs de-ci de-là, mais on apprécie l'atmosphère et la rage qui s'en dégage. Le troisième EP, c'est juste des titres de deux minutes, c'est comme ça que doit être le punk rock, non ? (rires)

Pour moi, le 3ème est celui qui ressemble plus à l'image que j'ai de Berri Txarrak, quelle est l'image que vous voudriez qu'on retienne de vous ?
Tout ce qui est sur ce triple album, c'est du Berri Txarrak. Je veux dire qu'on aime le métal, on aime le hardcore, on aime le punk mais on aime aussi les bonnes chansons pop, on a toujours écrit des mélodies super accrocheuses. On est là pour les sensations procurées par la musique, le reste, on s'en fout.

Berri Txarrak Ces dernières années, on parle moins du pays basque comme une région d'attentats et plus pour sa culture, les terroristes ont fait du mal à votre région ?
Le pays basque a toujours eu une importante scène rock et dans le même temps, il y a beaucoup de préjugés sur notre région, j'encourage donc les gens à découvrir les groupes basques, je suis quasi sûr qu'ils vont faire de belles découvertes. Au passage, je le rappelle, toutes nos paroles sont traduites sur notre site web berritxarrak.net...

Vous jouerez bientôt en France lors du festival Epipapu, c'est tout ?
Pour le moment, il y a juste ça mais on va revenir, c'est certain, on prépare une tournée pour la fin 2015.

Il y a des groupes français que vous appréciez ?
On adore les Burning Heads, Birds In Row, Not Scientists, Gojira, Valley, Daft Punk, Yuksek, Phoenix...

Dans 20 ans, vous ferez quoi ?
J'espère qu'on écrira et jouera toujours de la musique.