The Bends ?
Régis (basse) : 4 gars aux horizons divers qui cherchent ensemble le frisson. Et aussi un nom pour lequel il a fallu et il faut encore souvent s'expliquer. Mais c'est légitime donc fait de bon coeur. C'est évidemment une référence à Radiohead, groupe dans lequel chacun se retrouve ou s'est retrouvé. Radiohead eux-mêmes n'ont-ils d'ailleurs pas choisi leur nom pour la même raison ? Mais surtout c'est l'expression "the bends" elle-même, qui évoque l'ivresse des profondeurs, ce mal qui frappe celui qui remontrait trop vite à la surface, qui est la raison principale de ce choix. Le rock est issu d'une douleur, d'un malaise qu'il faut canaliser et exprimer autrement, au travers d'un alambic tout particulier.
Fabien : Pareil que Régis avec une fin un peu plus dramatique.
Chris : C'est qui ceux-là ? Faut être tordu pour s'appeler comme cela !!!

Radiohead ?
Régis : Influence principale mais que l'on essaie de ne pas trop effleurer. Leurs derniers opus ne font plus l'unanimité mais si nous pouvions seulement leur arriver à la base de la cheville.
Fabien : Ca me dit quelque chose.
Chris : Des dieux vivants !!! Je vais en rester là car je pourrai écrire un bouquin sur ce qu'ils représentent pour moi.

A Breath After ?
Régis : Une fierté. Le résultat de beaucoup d'efforts pour parvenir à trouver le dosage parfait de notre alambic. Sa relative hétérogénéité reflète assez bien notre éventail musical. Au passage, un grand merci à Yannick Tournier, ex-guitariste de Psykup qui se recycle à merveille dans la production.
Et la suite, qui se dessine actuellement en studio, annonce d'autres routes encore, d'autres univers que l'on explore avec toujours ce même fil d'Ariane, la couleur d'un son.
Chris : "Un souffle après" en Français. ;-) Pour comprendre pourquoi ce titre, mieux vaut se plonger dans les textes. et s'intéresser à la pochette du L.P.

Artwork ?
Régis : Il se voulait sobre et avec une once d'originalité. Une réussite ? Un échec ? En tout cas, ça a l'air de plaire. L'image de la pochette symbolise la naissance, le bout du couloir originel, juste avant la lumière. Et un souffle après, tout commence.
Chris : Qu'il plaise ou non, je pense que le visuel de la pochette du CD représente exactement ce que nous voulions faire passer comme message au travers de notre musique et surtout des paroles. Le thème de l'addiction étant présent dans chacune des chansons, le sous-titre du L.P. "Introduction the_bends_interview_pict to addiction" nous paraissait convenir à merveille et c'est aussi cela que nous voulions retranscrire dans le visuel car nous voulions faire passer l'idée que tout était addiction une fois le premier souffle venu pour chaque être humain sur cette terre.

Projets ?
Régis : Les nombreux contacts sérieux que nous a apportés ce premier L.P. (Barclay, Murrayfield.) ont été la première satisfaction. Tous nous ont demandé quelques titres en français en guise de confirmation donc nous en sommes là. Le retour au studio sans avoir réellement profité d'une tournée de promotion mais si c'est pour la bonne cause.
3 titres sont donc en phase d'enregistrement, sortie prévue avant juin 2006.
Chris : Comme le dit Régis, beaucoup de contacts intéressants sont survenus à la sortie du L.P. et nous encouragent à poursuivre notre aventure. Le principal barrage étant pour ceux-ci la langue anglaise, nous travaillons actuellement sur des paroles françaises pour finir de les convaincre. Si cet effort de notre part n'est pas reçu comme il se doit, je pense fortement que nous allons orienter notre démarche vers des labels anglais voire espagnols.

Scène indie française ?
Régis : Y a qu'à écouter le Mouv' pour se rendre compte de la pauvreté artistique des groupes qui ont la chance d'être diffusés. Les meilleurs se terrent au fond des salles de concerts enfumées, à 2 heures du mat', et ceux-là, vraiment, filent des frissons. La scène indé, elle ne s'appréhende pas au travers des radios et télés, elle se vit entièrement. Pour ma part, je surveille de près Rhésus et Agora Fidelio, mais quelques autres m'emmènent parfois avec eux au hasard d'une écoute.
Chris : Tout à fait d'accord avec Régis. Je pense qu'aujourd'hui une grande majorité des personnes qui ont la possibilité de faire sortir de l'ombre les bons groupes amateurs ont vraiment un problème d'oreille et de sensibilité musicale. Combien de pseudo artistes ai-je entendu sur les grandes ondes alors qu'ils auraient bien plus leur place dans un karaoké.

Internet ?
Régis : Du très bon, du très mauvais, mais surtout du très pratique, surtout pour les groupes qui débutent. Une réelle plate-forme publicitaire et une communauté utile.
Chris : Enfin un média dirigé et contrôlé par personne !!! Serait-ce l'entrée dans l'ère de la vraie communication sans censure et non lobotomisante ???

P2P ?
Régis : 100% pour. Surtout pour la diffusion des petits groupes qui n'ont pas la chance d'être signés. Un des meilleurs moyens de s'exporter et se faire connaître. Une sorte de bouche à oreille qui a déjà fait ses preuves.
Chris : A 200% pour !!! Putain, on est tellement fermés en France et abruti par les médias que c'est une opportunité pour nous cultiver sans le moindre sou en poche. Il faut arrêter l'élitisme culturel, ne sommes-nous pas le pays où l'on prône l'éducation pour tous ?! J'encourage tout le monde à télécharger même le CD de The Bends. On ne vend pas des CDs pour gagner de l'argent mais pour faire connaître notre musique, donner du plaisir et apporter une certaine réflexion sur certains sujets qui nous tiennent à coeur ! Il est bien évident que si l'on peut vivre de la musique, on le fera, mais une chose est sûre, c'est que ce n'est pas pour l'argent qu'on en fera car aujourd'hui tout le monde dans le groupe ne prétend qu'à une chose : faire plaisir aux personnes qui nous écoutent, que ce soit en concert ou sur CD. Alors que ceux qui peuvent l'acheter, l'achètent, c'est une marque de soutien au groupe ; et pour les autres, téléchargez, gravez et faîtes écouter à vos amis, on ne vous en voudra pas, bien au contraire !!! Que ferment leur gueule les Calogéro and Co avec leurs campagnes publicitaires à propos du téléchargement !!! Je trouve honteux de faire partie de la minorité la plus payée du monde de la « musique » et de militer pour ce genre de « fausse » cause pour ne pas voir ses royalties diminués alors que des artistes au vrai talent crèvent la dalle et cherchent à ce qu'on les écoutent tout simplement sans tenir compte du facteur financier. Il vaudrait mieux qu'ils prennent de leur temps pour de nobles causes ou tout du moins pour offrir un album de qualité à leurs auditeurs car je pense qu'aujourd'hui ce qui tue l'industrie du disque, ce n'est pas le téléchargement mais les CDs avec une ou deux bonnes chansons et dix autres servant de bouche trous pour faire croire à un album que l'on pourra vendre 20 euros et plus !!! Donc avant de penser à combien vous allez gagner, Messieurs du showbiz, penser à ce que vous allez offrir à vos auditeurs !

Cinéma ?
Régis : Tarantino, De Niro et Depardieu.
Fabien : Thrillers et Gollum
Chris : "Joyeux Noël", très bien même si je ne supporte pas Dany Boon. Un film que beaucoup devraient voir, ça éviterait beaucoup de problème dans le monde, N'est-ce pas Mr Bush !!! Je finis en ce moment les paroles d'une chanson issue d'une réflexion sur le film.

Monica Bellucci ?
Régis : Suivante.
Chris : Elle m'a justement contacté la semaine dernière pour participer à notre prochain clip. ;-)

Livre de chevet ?
Régis : "Les identités meurtrières", d'Amin Maalouf et "Le journal irlandais", d'Heinrich Böll.
Fabien : Manuel du jeu "World of Warcraft".
Chris : "Le vol des cigognes" de Jean-Christophe Grangé [note de l'auteur : excellent choix] et surtout "Le livre noir de la psychanalyse" de Catherine Meyer duquel, je pense, le thème d'une nouvelle chanson émergera.

Concerts?
Régis : Corbier demain, Oasis bientôt, System of a Down dès que je peux, et surtout, surtout, un maximum de groupes amateurs aussi souvent que faire se peut.
Fabien : Coldplay et John Butler Trio récemment. C'était énorme ! Bientôt Luke et Oasis !
Chris : Même chose que Fabien mais avec un bémol pour Luke car je ne suis pas sûr que le déplacement vaille le coup.