beesewax beesewax Réunir le line-up de 2002, était-ce un tour de force ou ce fut plutôt facile ?
Ce n'était pas facile et surtout nous n'y sommes pas complètement parvenus. Nous nous sommes réunis avec trois membres originels sur quatre et nous n'avions pas joué ensemble depuis plus d'une décennie. Beezewax est comme une famille, nous avons commencé ensemble à 15 ans et nous jouions dans d'autres groupes étant plus jeunes. Beaucoup de choses sont arrivées à Beezewax, également à nous tous à titre personnel au fil des années, tout n'a pas été facile, mais nous restons comme des frères pour le meilleur et pour le pire.

Comment se sont passées les retrouvailles après vingt ans de séparation ?
C'était spécial et excitant. Aucun d'entre nous n'avait la moindre idée que la musique que nous faisions à l'époque impacterait les gens, désormais c'est le cas aujourd'hui. Le fait que nous soyons réunis aujourd'hui est tout simplement fou. Nous jouons toujours parce que les gens veulent que nous soyons là, mais nous ne considérons pas cela comme un acquis. À l'époque, nous n'étions que quatre gamins qui aimaient traîner et jouer de la musique.

Qu'ont fait les membres de Beezewax durant toutes ces années ?
Le batteur Stian, qui a dirigé le groupe avec moi, a déménagé en Espagne pendant de nombreuses années, ensuite il est parti à São Paulo. Il a même étudié la samba au conservatoire là-bas. Il est revenu en Norvège l'année dernière. Il a joué avec différentes personnes et travaillé énormément pour que des artistes norvégiens partent en tournée au Brésil. Stian est toujours occupé, il fait un million de choses...
Thomas, le guitariste, a joué dans d'autres groupes et beaucoup tourné, il a eu 4 enfants et, par conséquent, il était très occupé. Jan, le bassiste, a quitté le groupe pour se concentrer plusieurs années sur ses études et n'a pas beaucoup joué jusqu'à notre reformation de 2012. Rapidement de nombreuses personnes qui aimaient Beezewax m'ont demandé de produire et de jouer sur leurs disques, c'est devenu mon travail d'enregistrer et de produire, je continue depuis de nombreuses années. J'ai aussi fait beaucoup d'enregistrements en solo et je continue, je compose de la musique pour des documentaires également.

Oslo est-elle une ville inspirante pour écrire des chansons pop ?
Après avoir écrit des chansons pendant près de 30 ans, je dois voyager pour écrire ou être dans mon studio.
Penses-tu que d'autres villes sont plus inspirantes ?
Oui. Sortir de la routine de la vie quotidienne est très inspirant, tout comme voir quelque chose de nouveau.
D'où puisez-vous votre inspiration alors ?
Si j'écris pour Beezewax, j'écris généralement sur nos vies. J'ai toujours essayé d'écrire sur ce que nous vivions séparément ou ensemble. Pas en tant que groupe, mais en tant que quatre amis qui ont un lien très spécial.

Quelle est ta vision de la scène norvégienne actuelle ?
Notre ligne d'horizon peut paraitre limité. La Norvège ne compte que 5 millions d'habitants, ce qui permet de connaître tout le monde, mais j'aime énormément la scène actuelle. Elle est beaucoup moins en compétition avec elle-même et les autres et probablement plus Do It Yourself qu'avant, avec les musiciens qui se soutiennent les uns les autres. Il y a aussi de plus en plus d'artistes qui chantent dans notre langue et c'est cool.

Quels sont tes artistes préférés en ce moment ?
Filthy Burger Girl. J'AIME ce groupe !

Vous avez composé l'un des meilleurs albums de pop norvégienne de 1999 (South of boredom) produit par Ken Stingfellow des Posies, vous l'avez sorti sur le label punk Boss Tuneage, quels souvenirs gardes-tu de cette époque ?
C'était une période folle parce que nous étions plutôt jeunes, notre héros allait produire l'album, des labels du monde entier allaient l'éditer, y compris aux États-Unis et au Japon. Nous savions que les gens allaient l'écouter. Nous saisissions la chance de voyager et de faire des tournées dans des endroits inconnus pour nous. J'ai travaillé très dur à la composition des chansons et le reste du groupe était très inspiré. Nous avions mûri et nous nous étions améliorés en jouant. Nous avons enregistré durant un mois en travaillant d'arrache-pied.

Comment s'est passée cette collaboration avec ce label punk ?
Je pense qu'Aston Boss Tuneage a sorti South of boredom plus tard... Mais pour exemple, des années après sa sortie, les labels continuaient de rééditer cet album, donc c'était génial. C'était un honneur d'être sur Boss Tuneage, et Aston est un self made man avec son label.

Beesewax Beesewax Le fait de jouer peu dans votre pays mais plutôt aux États-Unis, en Angleterre et au Japon, ne fait-il pas de vous un groupe culte et underground ?
Je ne sais pas. Notre groupe a été appelé de bien des façons. Je pense que nous avons toujours su que nous étions minuscules, mais notre univers et les gens qui nous ont suivis, qui ont sorti notre musique, ça a rendu Beezewax plus ouvert sur le monde.
Nous n'avons jamais voulu être grands. Nous voulions être un groupe confidentiel auquel les gens pouvaient s'identifier, c'était notre rêve. Beaucoup de groupes que nous aimions ne jouaient que pour quelques personnes à Oslo. Nos héros étaient tous ces groupes cultes de toute façon.

Parmi vos nombreux concerts à l'étranger, quel est celui où vous avez reçu le meilleur accueil du public ?
C'est difficile à dire. On a appris à quel point les foules sont différentes. Au Japon, je me souviens de notre première tournée. Notre premier concert à Tokyo était sold out et MTV filmait. Nous n'étions pas au courant, nous sommes montés sur scène et la foule a crié puis chanté les paroles de la première chanson. Je ne m'y attendais pas et j'ai oublié toutes les paroles. Ça m'a fait peur, mais c'était très amusant.

Dès le départ, vous aviez une orientation pop, pourquoi ne pas faire un groupe punk comme l'a fait la Suède. Vouliez-vous vous démarquer de cette scène ? À quelle scène vouliez-vous vous identifier à l'époque ?
Nous nous moquions des scènes. Nous écoutions Dinosaur Jr et Sonic Youth, mais nous aimions aussi Neil Young et d'autres groupes de ce genre. Le punk, c'est plus la façon dont on fait les choses que le son de la musique. Pour moi, jouer une valse à un festival punk était plus punk que de jouer du punk pur et dur.
Nous écoutions toutes sortes de musique et nous avons rapidement appris que dans la scène punk, les gens avaient l'esprit beaucoup plus large que ce que nous pensions.
Nous étions vraiment très bruyants et encore plus bruyants en live, donc je pense que c'est pour ça que la scène punk nous aimait bien.

Comment votre album Oh Tahoe a-t-il été reçu en 2002 ? Un Anglais a réédité cet album et lui a donné une critique élogieuse. Son label Naked Record Club est très écologique, peux-tu en parler ?
Je pense qu'il a été bien accueilli. Je me souviens qu'il a reçu de bonnes critiques. Peut-être que certains fans préféraient le précédent. Concernant le label de Simon de Naked, je l'ai rencontré quelques années plus tard lors d'un de nos concerts à Brighton. Il était vraiment sympa et nous avons eu une longue discussion. Il m'a demandé s'il pouvait sortir Peace jazz et il a appris que Oh Tahoe n'avait jamais été édité en vinyle et qu'on fêtait son anniversaire. Il m'a semblé qu'il aimait beaucoup cet album, alors il l'a réédité. Nous lui en sommes très reconnaissants et la façon dont il l'a fait est un honneur pour nous.

Vous avez commencé votre set à l'Oslo Indie Fest avec le titre "The snooze is on" (quel titre fantastique !), quel âge aviez-vous quand vous l'avez composé ?
J'ai écrit cette chanson un jour, à l'âge de 16 ans, en rentrant de l'école et en attendant le dîner. Je pense que je me remettais d'une fille et que je me sentais libre. C'est peut-être ma chanson préférée et nous la jouons toujours. En fait, c'était facile. Nous savons toujours ce que nous voulons jouer.

Votre dernier album Peace jazz est sorti avant la période de pandémie, ça a dû ralentir son succès, comment avez-vous vécu cette période ? Cela a dû être frustrant, peux-tu nous parler de cet album maintenant que tout est rentré dans l'ordre ?
Nous avons eu beaucoup de chance. Tout s'est très bien passé, les gens qui suivent notre groupe l'ont vraiment aimé et il a reçu de très bonnes critiques. Nous avons réussi à terminer tous nos projets avant la pandémie.

Des concerts sont prévus prochainement en Norvège, mais aussi en Angleterre, êtes-vous excités à l'idée de reprendre la route et de jouer ? As-tu des projets pour Beezewax ou en solo ?
Nous venons de faire deux concerts en Norvège et nous allons voir ce que nous allons faire. La pandémie a vraiment stoppé nos projets d'avenir et tout a changé. Nous espérons faire plus de concerts, nous en avons l'intention, je ne sais pas si nous enregistrerons plus de musique. J'ai bon espoir, je suis vraiment heureux de tout ce que le groupe a fait. Pour ce qui est de mon projet solo, j'enregistre un nouvel album cette année...