Bebly - ULDO Alors pourquoi Greta Thunberg prend le bateau pour aller à New York et faire un discours à l'ONU et pas l'avion ? Ben c'est pour l'empreinte carbone, tout ça. Bon, elle aurait pu faire une visioconférence depuis chez elle, mais c'est moins classe. Alors pour faire comme Greta et pas trop charger notre empreinte carbone, quand on cherche du bon rock, pourquoi ne pas se tourner vers des bons producteurs locaux, au lieu de promener ses oreilles outre-Atlantique ou hors de nos frontières. La production estampillée rock français est loin d'être une incongruité, et bon nombre de groupes ont démontré par le passé et le présent que l'on peut conjuguer langue maternelle et rock. Et Bebly, qui fait partie de cette belle famille, en est un très beau représentant.

Et il le prouve avec Uldo, nouvel EP de 5 titres, qui fait suite à (déjà) 3 albums et 2 EPs, pour continuer une belle discographie commencée il y a plus de dix ans. Un EP qui semble surtout lié au précédent tant la pochette est similaire. Et si le précédent offrait une flamme vive dans ce qui semble être une boîte surprise (ou de Pandore), pour cet Uldo, c'est une poignée de droséras qui nous est offerte. Cette plante carnivore, oxymore naturel qui sait combiner violence et fragilité. Et cette dualité se retrouve pour ce nouvel opus. Ça démarre fort avec "Le facteur chance" et "A l'évidence", deux tracks péchus, mordants, carrés, portés par une batterie inventive ; deux titres à la fois complexes (des ponts, des arrangements recherchés, des breaks), abordables (les refrains entraînants et efficaces), mélodiques et puissants. Bref, aussi imparables qu'un tir de LBD à bout portant, comme le rock à la sauce Deportivo de ses débuts. Et puis la chanson "Uldo" débarque, la voix se fait plus timide, plus en retrait, pour laisser la guitare prendre le leadership. Enfin, changement d'ambiance pour les deux derniers morceaux, le très beau et mélancolique "Ce que la vie me confisque" et l'intimiste "Erreur de jeunesse". Respectivement une voix toujours plus fragile, spleenesque et une guitare plus étirée, comme pour apporter jeter un voile sur la tristesse ; puis une conclusion en acoustique, comme Saez sait si bien faire. Mais tout ça, c'est Bebly, qui nous offre ses fleurs du mal, cette belle poignée de fleurs létales, à accepter sans retenue aucune.