Baron Crâne - commotions Baron Crâne est le genre de groupe qu'on pourrait qualifier de "difficile d'accès". Bon, ce n'est pas du tout pour ça que la chronique de leur troisième album par votre serviteur intervient plus de six mois après sa sortie, mais plus par souci de battre le record de procrastination de mon ami Guillaume Circus. Mais revenons plutôt à nos moutons, et à ce fameux nouvel album du trio parisien sobrement et intelligemment intitulé Commotions. Car après l'écoute de ce cinq titres de 32 minutes (!), ta perception de la musique sera quelque peu ébranlée !

Tout au long de cet album vivace et dérangé (et pourquoi pas dérangeant), Baron Crâne triture et torture les codes de la musique jazz, stoner et expérimentale. Ne connaissant pas le back catalogue du groupe (eh oui, tout comme toi peut-être, je découvre le groupe avec ce disque), j'ai pris une sacrée torgnole pendant les 7 minutes de Firmin, instrumental délirant et aussi perché que passionnant. Ça part dans tous les sens, ça riff, ça tend et détend à tout va sans faire de concession. "Acid rains", deuxième plage au chant captivant d'Arthur Brossard, ravira les amateurs de rythmes alambiqués chers à Josh Homme dans ses plus grands délires hallucinogènes et laissera sans voix les passionnés de chansons déstructurées. S'en suit le délirant "Closing door" aux guitares gavées de distorsions, puis de wah wah, puis de réverb, puis de. n'en jetez plus, c'est déjà assez compliqué de suivre le fil. Le jazz/fusion/noise/core/schizophrénique "On rase les murs" et le phrasé rap de l'artiste I.N.C.H. ne laissent pas indifférent, loin de là, et que dire de "Fifth stone", clôturant l'album, sinon que les 7 minutes 30 sont aussi éprouvantes que renversantes ? Au fur et à mesure que j'écris cette chronique, je me rends compte que mes mots ne pourront jamais décrire avec précision l'exaltation que procure ce disque, et plus généralement, ce groupe. Je dirai juste que je n'étais pas préparé à ce déluge sonore, orgasmique et que la claque n'en a été que plus forte. En fait, j'aurais mieux fait de donner la définition précise du nom commotion dans le dictionnaire : "ébranlement violent (de l'organisme ou d'une de ses parties) par un choc direct ou indirect, ne laissant pas de lésion". Car c'est bien cela Baron Crâne. Un choc sans lésion. Passionnant.