rock Rock > Bärlin

Bärlin / Chronique EP > The dust of our dreams

Bärlin - The dust of our dreams En climatologie, quand une masse d'air chaud rencontre une masse d'air froid, cela génère une dépression. Un aléa météorologique qui, s'il évolue vers un ouragan, un cyclone ou une tornade sait combiner violence avec destruction. Chez Bärlin, on cultive également les rencontres entre deux airs opposés. Il y a l'air chaud de la voix de Clément, gorgée d'émotions, un poil lyrique, douce et calme qui vient envelopper ton esprit. En opposition répond la clarinette du même Clément qui apporte une fraîcheur, une limpidité dans des thèmes clairs, fluides et mélodiques. De la rencontre de ces deux instruments, on ne glissera donc pas vers une dépression climatique et son potentiel dévastateur, mais plutôt une dépression mentale, froide et personnelle.

L'univers dans lequel nous plonge Bärlin oscille plutôt vers le côté sombre de l'âme, vers un cœur noir qui pulse "Black heart", des rituels païens "Pagan rituals" comme des initiations shamaniques, des poussières de nos rêves "Dust of our dreams", pour reprendre le très beau titre de ce troisième LP. Une belle définition de ce qui t'attend à l'écoute de cet album. Avec Laurent à la basse et Simon à la batterie qui posent un univers post rock alternant montées en puissance, ellipses hypnotiques et ambiances froides et douces, dans lequel la double personnalité de Clément vient s'épanouir, ce trio lillois t'invite dans son univers personnel. De part la configuration du trio et des instruments qui la compose, on pourrait penser à Morphine, même si musicalement, on retrouve les côtés spleenesques et intimes d'un Nick Cave ou d'un David Eugène Edwards & Alexander Hacke. Et en définitive, on se laisse envelopper de ces souffles mélancoliques qui jonglent avec le chaud et le froid, comme avec tes émotions.

Bärlin / Chronique LP > Bärlin

Bärlin - Bärlin Bärlin est un trio lillois (Clément, Laurent, Simon + Jonathan en guest) qui traine ses guêtres depuis un paquet de temps dans la scène nordiste et cela se ressent dans cet album qui inspire une longue gestation et une digestion des influences sur le long terme. D'ailleurs ce groupe est suffisamment vieux pour avoir un MySpace, c'est dire le boulot qu'il y a derrière.

Dès le premier titre, on pense à Morphine (comme un de leurs titres d'ailleurs...) via une atmosphère jazzy feutrée, une voix caressante imprégnée émotionnellement et s'il faut les relier à un groupe hexagonal, les Trunks semble assez proche dans l'esprit et les colorations métissées. Les titres suivants confirmeront le bien que l'on pense d'eux, les arrangements soignés et la qualité du songwriting y sont pour beaucoup. Il y a encore quelques menues imperfections mais c'est un album carrément marquant que l'on a là. A conseiller aux fans de The Cinematic Orchestra, Morphine et consorts. Des groupes avec une identité de fer sous un costard de velours en somme.