Band Of Horses - Mirage rock Band Of Horses, c'est l'histoire d'une formation qui, comme beaucoup dans ce milieu, déboule en force avec un tube imparable ("The funeral"), extrait de Everything all the time : une première carte de visite signée sur Sub Pop en 2006. Impossible donc pour les Américains de mieux démarrer leur aventure faite d'entêtantes compositions pop-rock aux vocalises perchées. Une marque de fabrique que l'on retrouve l'année suivante sur un deuxième album intitulé Cease to begin. Inutile de vous dire que la sauce prend, si bien que le quintet passe à l'étape suivante : rejoindre la major Columbia, modifier son line-up et ainsi prendre un virage pop-folk plus accessible avec Infinite arms en 2010, disque mettant en scène l'élégance de la mélodie au sens large. Grosse déception pour les uns qui pensent que le groupe a carrément rendu l'âme, satisfaction pour les autres qui considèrent qu'une entité doit muter pour survivre.

En cette année 2012, Band Of Horses sort donc son quatrième album, Mirage rock, accompagné d'un EP de cinq titres enregistrés à El-Paso intitulé Sonic Ranch sessions pour sa version Deluxe. Un mirage rock, les Américains tapent dans le mille avec ce titre tant les compositions de ce nouvel essai sont des illusions de cet esprit rock fait de sueur et de singularité si cher à nos auditeurs. Moins pire qu'Infinite arms tout de même, ce nouvel album débute bien pourtant avec un titre bien typique du quintet. "Knock knock" est surement le tube pop-rock à retenir de ce Mirage rock avec l'excellente "Feud" (les joueurs de FIFA 13 l'ont surement inconsciemment entendue entre deux réglages de formations et de tactiques de jeu). La puissance des guitares abrasives accouplée à la voix perçante de Ben Bridwell, si prenante, nous replonge dans les vieux Band Of Horses. Une nostalgie vite effacée par une direction artistique prise par le quintet qui tend davantage désormais vers les racines de la musique américaine. Le groupe nous abreuve de mélancolie à tout va ("How to live", "Shut-in tourist", "Long vows") et parfois nous coule définitivement dans le sentimentalisme imbuvable ("Slow cruel hands of time"). La production à l'ancienne de l'anglais Glyn Johns (The Who, Eric Clapton, Steve Miller Band) permet au groupe de sonner comme les artistes du classic-rock des années 70 ("Electric music"). Pas sûr que cela soit un bel argument pour réconcilier les déçus du changement de trajectoire des Américains.

Il ne s'agit pas de faire comme si Band Of Horses n'avait jamais exprimé ses envies "vintage". Cela a toujours été dans l'ADN de Ben Bridwell depuis le départ mais son choix de se porter encore et toujours vers cela risque à terme de tuer artistiquement le groupe à petit feu. N'oublions pas de ce "testament", ce Sonic Ranch sessions qui retrouve justement cet équilibre en cinq titres et relève un peu le niveau de ce quatrième disque bien suffisant.