audioslave_audioslave.jpg La première minute de cet album éponyme d'Audioslave pourrait faire croire à un nouvel album de Rage Against The Machine puis le son de la voix de Chris Cornell se fait entendre et la magie opère... Les deux entités fusionnent comme on n'aurait pas osé l'imaginer, et ça marche, c'est dingue, mais ça marche... On peut (et on va) se perdre en comparaison passé des groupes / présent d'Audioslave, et ce qu'il en ressort, c'est que la voix de Soundgarden prend le pas sur la musique de RATM. Certes, les coups de batterie et de basse, bien lourds, et quelques riffs du jeu de Tom Morello sont identifiables ("Set it off", "Bring em back alive") mais le tout s'efface sur le chant et les effets de Chris Cornell qui a modéré les ardeurs de ses trois comparses et donne à Audioslave une qualité et une pureté mélodique que n'a jamais vraiment recherché Rage. "Like a stone", "I am the highway", "Getaway car" ... sont autant de titres qui portent la marque de Soundgarden, en ont le goût, la couleur, la légèreté, il y a fort à parier que Chris Cornell ait composé de nombreuses parties guitare avec Tom Morello, ou alors les ex-Rage avaient bien caché leur jeu ! Nous, on récupère une galette de plus d'une heure de gros rock, entre grunge et stoner, un album chaleureux avec en plus de la flamme de la pochette, le brûlant "Shadow on the sun" qui après une intro assez calme se lâche sur le refrain et la fin du titre où la rage transforme la voix de Chris... Un Chris très en forme qui me rappelle parfois Richard Patrick et Filter, notamment sur "Gasoline", très aigu, détaché puis concerné et energique.
Audioslave frappe très fort et dépasse les espoirs de ceux qui croyaient à ce projet si incensé sur le papier, le groupe decevra peut-être les fans les plus durs de Rage Against The Machine mais ravira à coups sûrs ceux de Soundgarden !