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Biographie > Aucan en emporte le vent

Originaire de Brescia (Italie), Aucan est un trio officiant depuis 2005. Francesco (clavier et guitare), Giovanni (guitare et clavier) et Dario (batterie) ont enregistré une démo début 2007 avant de remettre le pied à l'étrier et de mettre en boîte un premier album en novembre. Le disque, éponyme, est sorti le 28 septembre 2008 grâce à la collaboration entre Africantape (Three Second Kiss, Black Ladies, ...) et Ruminance (L'Ocelle Mare, Sabo, Ulan Bator, Ricaine, ...).
Après une série de concerts assurés en Europe en novembre dernier, le groupe a booké la deuxième partie de sa tournée européenne qui débutera fin février 2009 et amènera le groupe en France pour plusieurs dates.

Aucan / Chronique LP > Black rainbow

Aucan - Black rainbow Avant-propos : notre estimé désormais ex-camarade de jeu, j'ai nommé Rémii, ayant, il y a quelques mois de cela, décidé de (lâchement ?) déserter les rangs du W-Fenec et de s'en retourner à la vie civile, c'est donc à l'un de ses comparses que revient l'insigne honneur de prendre le relais et suivre les nouvelles aventures discographiques des groupes qu'il avait introduit dans ces pages. Tâche ô combien délicate mais que l'on va essayer de mener à bien autant que faire se peut.

Sans la moindre transition, Black rainbow, le nouvel effort signé Aucan débarque dans la tanière et une fois le disque posé dans le lecteur, première surprise, là où on pensait s'attendre à du math-rock à la Battles, le groupe distille un trip-hop cotonneux et envoûtant avec "Blurred", première pièce d'un ensemble musical qui va se révéler plutôt déroutant. Mais intrigant... et plus encore assez jouissif. Car passé ce morceau inaugural réellement brillant, les Italiens optent pour un mélange rock/big beat électronique percutant et savamment ciselé. "Heartless", "Red minoga", "Sound pressure level"... on enchaîne. Trop rock pour le dance-floor, trop électro pour du rock, trop alternatif pour faire sauter le compte en banque d'une major, Aucan est surtout ici beaucoup trop de choses pour le réduire à un ensemble d'étiquettes ou de qualificatifs hasardeux.

Un flow hargneux, de l'énergie dopée au beats qui s'enfoncent dans le cortex cérébral, un groove atomique et quelques brûlots rock/électro sous acide, Black rainbow est à l'image de son artwork : coloré et sombre à la fois, tortueux et limpide en même temps, un mélange de paradoxes qui s'attirent (implacable "Storm", synthétique "Save yourself"), un soupçon de dubstep en plus, une césure avec l'incompréhensible et abscons "Embarque" (une notice explicative serait bienvenue sur ce "titre" mais bon...) et surtout pas mal d'excellentes choses. Quelques ratés aussi, "Underwater music" notamment, que l'on croirait extrait d'un mauvais film Bollywood, l'énigmatique et minimiliste "In a land", mais toujours ces titres en forme de petites bombes électroniques ("Away!", l'éponyme "Black rainbow") à l'ADN rock mais stimulé par le filtre des machines. Pour un résultat, certes parfois inégal, mais souvent bluffant ; et certainement à suivre de très près... Encore un joli coup de l'écurie Africantape décidément bien coutumière du genre (Marvin, Tormenta, Ventura...).

Aucan / Chronique LP > Aucan

Aucan - Aucan Bienvenue dans un périple peu banal. "Encore un ?" me direz-vous. Hé oui, encore un. Un batteur et deux claviéristes/guitaristes (et inversement) pour mener une aventure sonore, ça ne court pas les rues. Même si les formations hors du cadre légal "chant/guitares/basse/batterie" ne sont pas aussi rares qu'on pourrait le penser. Mais ajouté à cela qu'aucune voix, pas même samplée, ne fait son apparition lors des trois quarts d'heure proposées ici et le décor, pour le moins inhabituel, est (grossièrement) planté.
Aux portes de l'étrange et du savamment élaboré, Aucan nous sert des structures post-rock plus ou moins échevelées ("Tesla"), envoie des parpaings noisy ("Iena") et peaufine de savoureuses ambiances ("Urano"). Presque toujours avec l'appui de sons électros ou d'un clavier en guise de fil conducteur, parfois agaçant il faut bien l'avouer. Ainsi, on se trouve devant une fresque, une succession d'éclats musicaux en suspension, dans lesquels pioche le trio. Parfois dans des situations abruptes, Aucan trouve toujours une issue de secours et rebondit sur une idée pour donner naissance à d'autres et ainsi de suite jusqu'au terme de chacun des titres présentés.
Devant la diversité de séquences distillées, il est difficile d'agréer de but en blanc à l'intégralité du contenu de ce premier album. Pourtant force est de constater que Aucan maîtrise un sujet sur lequel bon nombre de farfelus se seraient cassé les dents...