rock Rock > Atlantis

Biographie > Gilson en Atlantis

L'histoire d'Atlantis est pour le moins curieuse parce que quelque peu accidentelle : one-man-band derrière lequel se cache un certain Gilson Heitinga, compositeur/vocaliste/musicien résidant à Utrecht aux Pays-Bas à qui il est commandé, au cours de l'hiver 2005/2006, une série de morceaux devant servir de bande-son à des long-métrages cinématographiques. Projet finalement abandonné, laissant leur auteur avec sur le bras quantité d'ébauches et travaux plus ou moins achevés et surtout l'envie d'en faire quelque chose. Gilson enregistre et finalise le tout et se met en quête d'un label pouvant héberger son projet, Field Records (Her Name is Calla, Khuda, Maybeshewill...) se montre rapidement intéressé et Atlantis sort livre ainsi un premier album courant septembre 2007 avec Carpe omnium, puis récidive quatre près plus tard avec Mistress of ghosts, dont la version LP est pressée par le tout jeune Dunk! Records (Kokomo).
Entre-temps, il a sorti l'EP San diablo (2009) et c'est fort d'un succès et d'une reconnaissance naissants au sein des sphères spécialisées, que le néerlandais tourne avec 65daysofstatic, Envy, Oceansize, Pure Reason Revolution ou encore This Will Destroy You. Toujours productif, Gilson Heitinga lire au printemps 2012 un nouvel EP 12'' intitulé La petite mort.

Atlantis / Chronique LP > Mistress of ghosts

Atlantis - Mistress of ghosts Après un premier album plutôt remarqué paru chez le label anglais Field Records (Her Name is Calla, Khuda, Maybeshewill...), lui ayant offert la possibilité de tourner avec quelques pointures de la scène post-rock et affiliés (65daysofstatic, Oceansize, Envy, Pure Reason Revolution), le Néerlandais Gilson Heitinga et son projet Atlantis livre son deuxième album studio Mistress of ghosts toujours via Field Records pour la version CD et le concours du jeune label belge Dunk! Records en charge de l'édition vinyle. Un troisième effort étant en cours d'élaboration à l'heure où sont rédigées ces quelques lignes et Atlantis ayant été découverts par nos services sur le tard, une séance de rattrapage s'imposait.

On n'a pas le temps de se poser de question sur la teneur du projet que déjà, les premières mesures de "White russians", le morceau inaugural de l'album résonnent dans l'atmosphère et que l'on est surpris par le mélange du Hollandais volant. Quelque part entre noise-doom avec des voix trafiquées et post-quelque chose teintée d'electronica, l'ensemble se révèle extrêmement prégnant, magnétique et fascinant. Une forme d'introduction originale que vient sensiblement alourdir, mais dans le bon sens du terme, le puissant "Mata Hari's kiss". Plus proche d'un post-rock conventionnel avec une envie d'y insérer de discrets éléments électroniques, le morceau s'offre quelques poussées de fièvre mélodique aussi ascensionnelles qu'abrasives. Mais là encore, on n'est pas au bout de nos surprises et c'est sur "She loves all" que la maîtresse évoquée précédemment joue de ses charmes vénéneux pour envoûter l'auditeur.

Un mélange de noise-électronique et de post-rock lourdement métallisé, une teinte doom lumineuse et quelques riffs rock titanesques font le reste, porté par quelques samples vocaux sensuels. Résultat parfaitement bluffant, tout comme les sequels qui vont suivre et enfoncer un peu plus le clou de cet album qui s'immisce inexorablement dans la mémoire pour ne jamais pouvoir en être extrait. Que ce soit avec "Mascara" et son divin mélange électro/post-classique, ou "Sweet venom" (tout est dans le titre) et "To catch a voyeur", la thématique est clairement identifiée et le mélange musical lui sied à merveille. L'ensemble est d'une étonnante homogénéité et chaque morceau est une nouvelle pièce s'assemblant, se superposant aux autres, de manière à ne plus former qu'un puzzle musical à l'image de la vision de son auteur ("Mistress", "Give me one more hour"). Très classe.