Astrid SS If this isn't nice, what it is ? Sur une pochette rose Barbie ©, c'est probablement le regard de Astrid S (pop star norvégienne) caché derrière un masque à gaz qui tente de manger goulument une crème dessert vanille, à moins que votre analyse sur la crème dessert soit plus juste que la mienne, voilà le contenu de la pochette d'album des punks d'Astrid SS. Le street punk reste un genre indémodable, droit dans ses Docs ou ses baskets, le style n'a jamais faibli. S'il n'a jamais faibli, c'est parce que les thèmes des violences policières, des égos surdimensionnés de nos dirigeants et les conditions de travail mises à mal des classes moyennes et populaires sont depuis longtemps des préoccupations récurrentes de notre société.

Pas d'intro d'une minute et pas de chichi, "North side crew" et son riff aiguisé démarre l'album, vous n'attendrez pas longtemps pour reprendre en chœurs "Oi! Oi! Oi!". Punk, nordique et fraternel, c'est un bon morceau pour débuter. Sur "The strike is over"", le chant me fait subitement penser aux Sleaford Mods à moins que ce ne soit aux groupes punks de l'Essex dans la mouvance de Crass ou Schwartzeneggar. C'est bien foutu et on ne s'y attend pas. "They don't care" commence comme une sirène hurlante de flics pour dénoncer les violences policières, cette problématique est donc universelle et touche également les pays scandinaves qu'on imagine si sages et lissés. Astrid SS surprend en explorant tous les styles de punk, avec le pogotant "Lizzie's in a box", par exemple, ou "Ugly things" et "Death drive society" qui comportent des passages plus contemporains et un tantinet mélos.

En tout cas, il s'agit d'un bon album avec tous les marqueurs du punk, voix rugueuse, basse métallique, guitares incisives, chœurs harmonieux, batterie énergique. Ça nous vient du froid, mais c'est terriblement chaleureux.