Asian Dub Foundation live à La Commanderie (décembre 2008) Asian Dub Foundation live à La Commanderie (décembre 2008) Dans la catégorie "première partie hors-sujet", ce soir, les invités figuraient en bonne place. Non pas que In The Club démérite sur scène mais plutôt que le groupe partage peu (aucun ?) de points communs avec la tête d'affiche. Je n'ai rien contre mais c'est dommage qu'il n'y ait pas davantage de cohérence..... Bref, venu de Paris (merci la gare TGV locale), le quatuor a balancé ses plaisants titres pop-rock devant un public, bien que très hétéroclite, pas forcement des plus prédisposé à les entendre. Une fois sa prestation assurée, le groupe quitte les planches et La Commanderie, configurée en petite scène ce soir, continue de se remplir jusqu'à être rapidement bondée. Alors que le changement de plateau est réglé, un peu de patience, histoire de faire monter la pression... Mais ça y est, dans les coulisses on aperçoit le groupe se motiver (une petite ronde ne fait pas de mal) avant de venir en découdre.
Les musiciens prennent place, envoient la purée, et le public ne tarde pas à réagir très favorablement à la fusion orientaliste proposée par le groupe. Dans la foulée, les deux frontmen s'emparent de leurs micros et après un petit "Bienvenue à Obama", en français dans le texte, participent à la mise en ébullition de la salle. Et c'est parti pour un show à la hauteur de la réputation du gang, haut en couleurs (les lasers verts en début de set) et aux mélanges aussi osés qu'explosifs. Un bassiste complètement halluciné, un percussionniste tout sourire, un guitariste à l'aise, un DJ virtuose et deux chanteurs assurant chaleureusement leurs rôles : voilà de quoi vous servir la recette ADF pour le moins épicée, arrosée d'une sauce survitaminée. Ce fabuleux mélange (punk, rap, drum n' bass, ragga et présence orientale s'entrechoquent ou cohabitent joyeusement) soutenu par une sonorisation très correcte (évitant le risque du trop-plein de basses) réjouit le public qui, faut-il l'évoquer, ne tient pas franchement en place. En milieu de concert, les chanteurs s'éclipsent pour laisser leurs compagnons poser de longues parties instrumentales (le tonifiant "S.O.C.A.") avant de revenir à la charge et de remercier leurs supporters, toujours en français, entre les morceaux. Ca bouge sur scène et ça bondit sur le parterre depuis un bon moment et, fatalement, après "Oil", le collectif tire sa révérence. Pas dupe, l'assistance demande un premier rappel. Pourquoi "premier" ? Tout simplement parcequ'une fois les trois titres de ce rappel envoyés, ADF retourne au charbon pour "one more song". Mais seulement après que le public ait reculé pour offrir un peu d'air aux premiers rangs et éviter de finir d'éventrer la barrière de sécurité déjà sérieusement amochée.
Un groupe de cette envergure si proche du public, ça assure. Quand il s'appelle Asian Dub Foundation et offre de si belle manière ce qu'attendent ses fans, on adore.