arman melies : casino Se lovant dans l'intemporel, Arman Melies n'est pas un homme de révolution mais sans pour autant rester figé sur ses précédents succès, il fait évoluer son univers par petites touches. Un peu plus d'orchestrations, un peu plus d'effets sur le chant, un son d'ensemble plus souple et arrondi, ce Casino n'a pas vocation à nous heurter, bien au contraire. Matelassé de partout, on s'y sent comme dans un cocon, dorloté et choyé comme un bambin malade. Mais ce surplus de bien-être nuit un peu à l'accroche, celui qui ne connaît pas (encore) Arman Melies pourrait avoir du mal à pénétrer dans sa bulle, l'oreille étant moins percutée par les notes de guitare ou la sonorités des mots. On retrouve cette volonté de douceur dans le visuel qui tout en gardant la même ligne graphique que le précédent, est un peu moins mystérieux, certes on garde l'idée de collage et d'associations rétro mais tout semble plus clair, plus chaud et pastélisé. Arman Melies veut séduire davantage sans occulter son travail passé, c'est un tour de force ambitieux et risqué mais qui est réussi car le charme opère toujours. Sûr de son fait, il ose même transfigurer "Lovely lovers" (d'Eli Medeiros et Jacno) en "Amoureux solitaires". Méconnaissable, le morceau n'en est que plus savoureux. Davantage que par le passé, Arman Melies joue sur la rythmique quand il chante : ses mélodies sont fractionnées ("Casino", "Belem", "Papier carbone") et font -lentement- ressortir certains mots (Quelle faille, La rupture, L'empire perdu, Intranquilles... sur "Belem" par exemple), cette autre façon de jouer avec les vocables s'ajoute aux précédentes qu'il n'a pas oubliées (Je me terre et je me tairais). Enfin, avec "Diva", il conserve aussi sa "tradition" de terminer l'album par une longue plage instrumentale, le chant n'apparaît qu'au début du titre, laissant le champ libre aux claviers pour le terminer en beauté.