Archive au Cargo (2015) Archive au Cargo (2015) Première partie d'Archive sur les 13 dates de leur tournée française, les Bruxellois ouvrent la soirée avec une conviction à toute épreuve ; une motivation palpable que le public semble clairement apprécier. Portées à bout de bras par un batteur-chanteur au jeu puissant et inspiré, les compositions s'enchaînent sans temps mort. Déjà vu dans ce même lieu lors de l'édition 2013 de Nordik Impakt (en première partie de Mac Demarco), le concert nous laisse cependant un peu la même impression : une euphorie rapide dès les premiers morceaux, suivie d'une (très relative) lassitude, sans doute due à un certain systématisme. La plupart des morceaux se constituant en effet de quelques phrases répétées en boucle et d'une montée en tension. Il manque parfois le petit plus qui rendrait le groupe définitivement marquant. Néanmoins on sent les musiciens expérimentés et sûrs d'eux (ils entament leur cinquième année ensemble). Ils sont chaudement applaudis au terme d'un set court et sans retenue.

BRNS quitte nerveusement le plateau pendant que les techniciens (en très grand nombre) s'affairent sur scène. Archive nous a prévenu : il s'agit du spectacle le plus impressionnant de leur carrière. Scéniquement cela se traduit par 3 grands écrans en fond de scène, 8 musiciens (avec parfois 3 guitaristes simultanément) et beaucoup, beaucoup de projecteurs.

C'est sur « Feel it » que démarre le concert ; premier titre du dernier album en date, Restriction, le morceau est plutôt déconcertant et dénote avec ce qu'on connaît d'Archive. Plus déstabilisant encore, le groupe semble prendre un malin plaisir à ne jamais vouloir le finir, s'arrêtant... puis repartant trois fois d'affilée ! Un faux départ vite oublié dès les premières notes de « Fuck U » ; à partir de cet instant la précision chirurgicale du groupe n'aura de cesse d'impressionner les spectateurs présents. « Finding it so hard » et « Dangervisit » voient les premiers sub gronder ; le groupe possède une sacré réserve. Second extrait de Restriction, « Crushed » passe mieux l'épreuve du live avec son ambiance tribale, assez proche du dernier album de Radiohead.

Archive au Cargo (2015) Archive au Cargo (2015) Entre chaque morceau la communication est quasi inexistante, sans que cela ne choque vraiment. On sent les musiciens plus au service des morceaux que l'inverse. De fait, l'absence de leader au sens strict sur scène (les deux membres fondateurs du groupe sont placés aux deux extrémités du plateau), rend l'attitude du groupe plutôt cohérente. Même si les deux chanteurs tentent timidement de faire lever les bras des spectateurs, on sent qu'on est pas vraiment là pour assister à un concert de rock classique (tant mieux).

Les trois-quarts d'heure de spectacle voient l'arrivée de la troisième voix de la soirée, Holly Martin. Bien que membre du groupe depuis 2011, la jeune femme semble moins à l'aise que ses homologues masculins. Elle entame néanmoins impeccablement la partie plus planante du set : « Violently », « Black and blue », « End of our days », et le récent single « Kid corner ». L'ambiance cotonneuse explose cependant bien vite dès l'introduction de « You make me feel » (sans doute le point d'orgue du concert). À gauche de la scène Darius Keeler, en chef d'orchestre un peu fou, exulte. Soit l'exact contraire de l'attitude de Danny Griffiths, qui face à lui, demeurera invariablement assis et concentré durant tout le set.

Archive au Cargo (2015) Archive au Cargo (2015) En terme d'éclairage on en prend effectivement plein la vue ; le show lumière, archi-millimétré, est presque un spectacle à lui tout seul. Mention spéciale pour le dernier titre « Numb » et ses boules à facette donnant un aspect de discothèque surréaliste à la vaste salle de 1200 places.

Le groupe revient pour deux rappels après 5 bonnes minutes d'applaudissements caennais (comprendre : nourris mais pas trop) : tout d'abord en formule guitare-voix pour « Nothing else » (seul extrait de Londonium ce soir), puis en groupe pour un « Lights » un peu mou et amputé de 3 bonnes minutes. 18 titres (dont 6 du nouvel album) et quasi 2 heures de concert d'un très haut niveau plus tard la salle se rallume. Ce soir Archive n'aura pas déçu, mais pas complètement surpris non plus.