Archive : Lights Archive semble être de ces groupes que rien ne saurait arrêter, pas même le départ de son chanteur, Craig Walker. Pour Lights, c'est donc deux remplaçants qui viennent ici s'ajouter à la longue liste des vocalistes venus poser leur voix sur les oeuvres du collectif britannique... avec toutes les craintes que cela supposait à l'aune de ce nouvel album studio. On débute avec "Sane" et son trip-rock cotonneux dense et hypnotique. Electrique à souhait, dompté par des vocaux plutôt à la hauteur de la stature d'Archive, volontairement répétitif, ce titre introductif passe plutôt bien et à tout du hit qui peut faire son trou dans les charts anglo-saxons. Plus enlevés, plus pop mais tout aussi gorgés d'arrangements trip-rock savamment distillés, "Sit back down" et "System" font parler la poudre. Basses lourdes, nappes synthétiques intenses, Archive livre deux nouveaux hits absolus. Implacable. Et si entre temps, les Anglais ont alourdi le propos avec un "Veins" branché 60's et à oublier très vite, les vocaux féminins apparus sur ce titre trouveront un bien meilleur écho sur la pépite "I will fade".
Sans véritable surprise jusqu'alors (des morceaux aux mélodies délicates, des claviers leur servant d'écrin idéal, des atmosphères dans la plus pure tradition Archivesque...), Lights trouve son climax avec un titre éponyme long de 18 petites minutes... rien que ça ! Et là, sortant un temps de son confort artistique, cherchant à se dépasser musicalement parlant, le groupe délivre un morceau en forme de long voyage nostalgique aux arrangements synthétiques et aux lumières tamisées. Douceur d'un trip-hop tout en retenu ("Headlights"), petites trouvailles éléctroniques ("Fold") ou ballade par instants psyché et empreinte d'une douce nostalgie ("Taste of blood"), la Archive's touch n'a guère évoluée depuis Noise, le précédent opus studio du groupe... La recette ne s'est pas vraiment vue agrémentée de nouveaux ingrédients et pourtant, au final, la sauce prend toujours autant. Et si certains regretteront sans doute que le collectif n'ait pas ici pris plus de risques, il ne devra pas oublier que cet album est sans doute un opus de transition, permettant aux nouveaux vocalistes de prendre leurs marques. Avant de voir plus loin.