Archive : Lights On a beau savoir qu'Archive est un groupe à géométrie variable, on était impatient (inquiet ?) de voir ce que donnaient Dave Penney (ex-Birdpen) et Pollard Berrier (Bauchklang), les remplaçants de Craig Walker qui, lui, avait su apporter une autre orientation aux britanniques. Aussi étrange que cela puisse paraître, ce changement important au sein du line-up n'a pas profondément changé la musique d'Archive, et si Lights est probablement un album "de transition" (beaucoup de titres ne sont pas des créations collectives), il ne s'inscrit pas moins dans la lignée de Noise.
Rythme hypnotique (un classique), petite notes de guitares sympathiques, chant typiquement Archive, dés "Sane", on est dans le vif du sujet et directement plongé dans l'univers favori du collectif. Le rythme et la dynamique montent d'un cran avec l'excellent "Sit back down", trip-pop à souhait, chargé en samples et au chant plus aigu marqué par quelques effets, en terme de vocalises, sur "Veins" on trouve des back-vocals féminines mais à l'instar de l'artwork, si la femme est sensée apporter légèreté, délicatesse et lumières, c'est un peu raté... l'artwork bien plus que les choeurs mais ces derniers sonnent un peu trop bateau pour renforcer la composition, on est alors à l'opposé des lignes de chant de la même Maria Q sur "I will fade". Guitares entêtantes et bidouilles ("System", "Programmed"), piano délicat ou synthé ("Fold", "Headlights", "Taste of blood" et sa fin Pink Floydesque), Archive joue toujours avec bonheur ses atouts... Joueraient-ils sans prendre trop de risques sur cet album charnière ? Oui et non car à ces titres qui ne sortent pas de l'ordinaire d'Archive, ils ajoutent "Lights", un morceau qui nous renvoie obligatoirement à "Again" (l'incroyable premier titre de You all look the same to me) par sa durée (plus de 18 minutes...) et sa capacité à nous faire voyager. Tout en retenue et en douceur, "Lights" s'installe durablement dans nos têtes avec son gimmick rythmique, le chant vient nous bercer et faire en sorte que jamais l'ensemble n'explose, dans les dernières minutes, la batterie s'humanise, le titre prend une autre direction et évite ainsi de sombrer dans l'ennui, il faut une sacrée classe pour oser et réussir un tel morceau...
Lights assure une certaine continuité à Archive malgré les changements, il faudra certainement attendre l'album suivant pour voir comment fonctionne la nouvelle alchimie à plein régime...