Arch Woodmann - Life forms found on a life boat Revenir aux sources, à une écriture spontanée, à une méthode d'enregistrement plus brute et synthétique, celle qui en son temps faisait le charme de Draped horse blue, licorne argentée, feather blue. Telle à été la ferme volonté d'Arch Woodmann au moment d'aborder la création de son nouvel effort, un EP intitulé Life forms found on a life boat. Une envie qui s'est assez vite conjuguée avec la débrouillardise, l'expérience en sus. Composé et enregistré de façon ambulante et au gré des désirs entre sa Bretagne natale, Paris, sa ville d'adoption, et sa nouvelle adresse, Bordeaux, ce 5 titres, initialement prévu pour être un troisième album, est le résultat d'une belle prise de liberté qui n'a pas été sans risque. Arch Woodmann a, en effet, fait appel à de bonnes âmes charitables pour financer le mixage, le mastering, la fabrication et la promotion de son nouveau disque via la société de collectes de fonds Kiss Kiss Bank Bank (1). Un effort qui en valait vraiment la peine.

Life forms found on a life boat est une œuvre qui balaie en premier lieu un doute, celui de la capacité du groupe à poursuivre, sans anicroche, sur sa lancée qui jusqu'à présent fut (trop) belle. Renouvelée avec l'arrivée du trompettiste Mathieu Hauquier (Petit Fantôme, Botibol) et du guitariste Benoît Guivarch (Carp, Landscape, Overhead, Grand Luxe), la formation prouve qu'elle a ce besoin constant d'aller toujours de l'avant, de muter et donc de ne jamais se reposer sur ses lauriers. Antoine, chef d'orchestre à la griffe artistique reconnaissable, stimule à nouveau nos sens grâce aux mélodies imparables de sa pop-folk aussi bien cotonneuse qu'aérienne. Drapé d'artifices élaborés de notes de claviers, de sons de xylophone, d'airs de trompettes (les séquelles d'Arch Woodmann Ensemble?), de guitares cristallines ou de chœurs parfaitement exécutés et frissonnants, ce nouvel EP regorge de pistes aux ambiances relativement variées, tantôt chaloupées ("What did you see"), oniriques ("Speed and metal"), intimistes ("Little man's room"), guillerettes ("That summer") et brumeuses ("Home taping"). Pour notre plus grand plaisir.

Cet EP enivrant se présente comme une sorte d'avant-propos du prochain album qui paraîtra en cette fin d'année ou au plus tard au début 2013. Difficile donc de ne pas être impatient et de douter de la suite après ce que la bande d'Archie vient de nous offrir.

(1) On apprendra bien plus tard que le projet de financement n'a pas été concluant, le groupe a donc finit par payer la réalisation de cet EP.