BS Party à La Flèche d'Or Paris regorge d'une multitude de soirées concerts à thèmes à la découverte de petits groupes qui souvent vous poussent à aller les voir après d'agréables écoutes prolongées à la maison. Ce soir, mon choix est fait : ce sera Arch Woodmann et son cocktail indie-pop-folk classieux et rafraîchissant. Récemment chroniqué sur nos pages, Mighty Scotland était l'album à découvrir d'urgence sur scène ou sur Seine (le Batofar, ce sera surement pour une autre fois).
Ce sont sur les deux derniers morceaux de la formation Erevan Tusk que j'arrive le ventre plein de bouffe tibétaine (merci de ne pas polluer la section "commentaires" avec vos questions sur le sujet) dans une salle qui, à ma grande surprise, est déjà bien remplie. Les parisiens jouent de façon appliquée un pop-rock que l'on pourrait situer entre Interpol, The National et The Go-Betweens. Le public semble conquis par ce quintette sympathique mais pas transcendant.

Alors que se profile à l'horizon l'impatience de voir débouler la petite bande d'Antoine qui étonnamment, se produit au milieu de soirée au lieu de tenir la tête d'affiche, comme cela était initialement prévu, la préparation du matos photographique se prolonge à cause d'une carte mémoire défectueuse. Arch Woodmann libère ses premières notes avec "True when shared" (NDLR : si mes souvenirs sont bons car je rangeais désespérément mon reflex dans le sac), titre qui monte progressivement en puissance pour définitivement nous envouter. Antoine, debout au fond, en retrait derrière sa batterie assure également ses parties guitares et de chants avec sérénité tout en se faisant surprendre par un micro rebelle qui parfois vient à se retourner inopinément. On sent un groupe en phase musicalement, pas totalement rassuré à l'image d'un défaut de lecture de set-list pour Lucie (claviers, guitare, flutes et chœurs) et envahit par la timidité pour certains comme pour mettre en exergue l'instigateur du projet. En mode live, les titres de Mighty Scotland sont complètement dépourvus des arrangements qui en font sa grandiloquence et par conséquent bénéficient d'une autre approche à l'instar d'un "This is the why" à la basse moins rapide. Quoi qu'il en soit, le show passe très vite et les parisiens terminent leur agréable set non sans avoir oublier d'y inclure quelques titres de leur premier album.

La suite et fin de la soirée est consacrée à Baden Baden avec une audience visiblement acquise à sa cause. Leur pop-rock aérienne délicate est soigneusement travaillée, trop peut-être, et du coup manque cruellement de personnalité. Leur tube salvateur "Anyone" ne le sera pas assez pour que la sauce prenne réellement. Une de leur composition chantée en français sera celle de trop pour moi, je quitte la La Flèche d'Or sans photo mais avec l'assurance d'avoir vu un groupe sauver un minimum la mise ce soir.