Rock Rock > The Appleseed Cast

Biographie > T.A.C

Quelque part entre Mogwai, Ride, I love you but I've chosen darkness et Broken Social Scene, il y a The Appleseed Cast, véritable fleuron d'une scène émo-post-rock américaine farouchement indépendante et baignant dans un anonymat relatif assez rageant il faut le reconnaître. Mais il y a des groupes comme ça qui ne recherchent pas forcément la reconnaissance, qui veulent juste faire vivre leur propre conception de la musique en ignorant superbement les considérations mercantiles de nombre de formations actuelles. En étant suivi par une poignée d'irréductibles suffisamment nombreux pour que le groupe continue à sortir des disques, The Appleseed Cast s'est constitué une solide base d'amateurs du genre, prêts à les suivre quelque soit le chemin musical qu'ils emprunteront...
A l'image de Gentlemen Records, label helvétique spécialisé dans les causes (presque) perdues mais terriblement excitantes (Sigurd, A Red Season Shade, Favez...) et qui a prouvé par le passé son très grand savoir-faire en matière de détection de combo prometteurs (Houston Swing Engine notamment), The Appleseed Cast va pendant longtemps avoir du mal à sortir de l'ombre. Le groupe fait ainsi ses débuts discographiques en 1998 avec The end of ring wars et après six albums studios, ce n'est qu'avec son septième (Peregrine que l'on répare un oubli regrettable en faisant débarquer dans nos pages un groupe qui a plus que sa place sur le W-Fenec. [  [ch] Gentlemen Records (193 hits)  External  ]

The Appleseed Cast / Chronique LP > Peregrine

the_appleseed_cast_peregrine.jpg C'est en néophyte de la musique du groupe, que l'on entre dans l'univers de The Appleseed Cast via un instrumental ("Ceremony") à la ligne mélodique affirmée et aux arrangements particulièrement inspirés. Un morceau introductif à la croisée des chemins entre Mogwai, Mono et Explosions in the Sky, le tout avec un soupçon de noise en bonus. On poursuit notre découverte accélérée de l'oeuvre de ces américains injustement méconnus avec "Woodland Hunter part I". La musique de T.A.Cse fait plus expérimentale, alerte et donc moins consensuelle pour un public pas forcément prêt à toutes les expérimentations sonores. Plus indie-rock dans l'âme, "Here we are" et "February", deux singles en puissance se font l'écho de l'étonnante capacité du groupe a livrer des titres inventifs, maîtrisés, personnels et pour le moins fédérateurs.
Et là, on comprend tout de suite moins l'insuccès relatif de combo américain. Entre crescendo post-rock, mélodies indie et électricité noisy, The Appleseed Cast semble avoir tout pour lui, un chant passe-partout, un songwriting raffiné, quelques velléités expérimentales, une intensité mélodique incontestable et pourtant. trop rares sont ceux qui connaissent leur travail. La faute peut-être à des labels qui n'ont pas su exposer le groupe de la manière la plus intelligente qui soit (car T.A.C est loin d'être un énième clone de Mogwai ou un suiveur de Sigur Ros), ou à un public qui encore trop souvent, ne mange que ce que l'on veut bien lui mettre dans l'assiette. Car en se laissant envahir par les effluves harmoniques de l'instrumental de "An orange and a blue", il est quand même difficile de ne pas se laisser envoûter, de ne pas céder à la mélancolie en se plongeant dans "Song 3", un morceau dont les discrets cliquetis électroniques se sont pas sans évoquer les islandais de Sigur Ros... comme l'avait fait précédemment l'émouvant "Sunut and ascending".
Oui mais voilà, pour un morceau en forme de hit absolu tel que l'éponyme Peregrine, The Appleseed Cast en livre un autre plus rugueux, moins conventionnel, où le groupe peut mettre en exergue son goût apparemment si prononcé pour les compositions à l'architecture complexe, pour les formes musicales labyrinthiques et les lignes de guitares abrasives ("Sila's knife", "Mountain halo", "Woodland Hunter part II"). Les américains se mettent en danger commercialement parlant alors même qu'ils se libèrent complètement artistiquement et on en revient finalement toujours à la même chose, à savoir qu'entre calibrage de masse et parcours non conventionnel, il faut faire son choix pour conserver sa liberté d'expression musicale. En livrant un Peregrine personnel mais sans la moindre faute de goût, The Appleseed Cast l'a fait et l'assume. A nous de relayer son oeuvre pour qu'elle ne reste pas aussi méconnue.