Apple Jelly 2020 Apple Jelly disparaît et réapparaît sur les radars assez régulièrement, as-tu songé à stopper définitivement l'aventure ces dernières années ?
Évidemment, plein de fois. Entre ce qui m'est arrivé au niveau professionnel, puis plus tard au niveau personnel, j'avoue que j'avais lâché l'affaire. Mais le destin en a voulu autrement, et sans le coup de téléphone d'un ami qui exigeait, et je pèse mes mots, d'avoir le groupe pour l'anniversaire de sa femme, et bien, je ne ferais probablement pas cette interview aujourd'hui.

Certains titres de l'album sont "vieux", leur redonner une jeunesse, c'est leur donner une nouvelle chance ?
Non, pas forcément. Du moins, je ne le vois pas comme ça. Entre la maquette du disque, le premier enregistrement et le mix de cette année, mes goûts ont évolué, mais le propos n'a pas changé. Souvent on oublie que ce qui est le plus important, c'est ce que véhicule une œuvre artistique. Aujourd'hui, en France, on a tendance à penser la musique comme ce que les américains appellent l'"entertainment", un truc dans l'air du temps et surtout distrayant. Et c'est fort dommage.

Composer est plus difficile que recycler ?
Je ne recycle jamais dans la mesure où je ne sors que du neuf, donc je ne sais pas.

L'album sort dans quelques jours, quel sentiment prédomine ?
Le doute, comme tout papa qui attend son bébé...

Es-tu du genre à vouloir faire sans cesse des modifications ou alors tu te satisfais du travail accompli ?
Un album correspond à une photographie à un instant T. Donc, à T+1, j'ai envie de tout changer (rires).

Le Apple Jelly 2020 est clairement dansant, à quel niveau est la frustration de ne pas pouvoir jouer en live à cause du COVID-19 ?
Au moins au niveau de la connerie de Trump !

La période de confinement a été source d'inspiration ?
C'était une période bénie où je me suis senti humain à nouveau. Pour le reste, l'avenir nous le dira.

Le mélange d'un énorme groove, d'électronique et de mélodies très pop renvoient à LCD Soundsystem ou MGMT, c'est flatteur ou réducteur ?
Je ne sais pas. j'aime beaucoup LCD Soundsystem, donc je suis flatté, mais très honnêtement, je m'en fous un peu. L'important, c'est que la musique circule et que les gens se l'approprient. Si après, ça leur fait penser à la période scopitone de Sheila, c'est pas mon problème.

Tu préfères qu'on considère Apple Jelly comme un groupe électro-pop ou pop-rock ?
Là encore, je m'en fous. Je ne pense pas qu'un groupe compose en se disant, je vais faire une truc pop rock. Il arrive ce qu'il arrive. On nous a beaucoup qualifié de Disco Punk, c'est très bien aussi.

Apple Jelly - Die, motherfucker ! Die !!! Le streaming est devenu un enjeu important, le single a trouvé son public ?
Oui. Le streaming est très bon. On a eu la chance de se retrouver très bien placé sur des grosses playlists. Ça c'est vraiment bien, même si je ne suis pas un consommateur de streaming, aujourd'hui, c'est vital pour un groupe.

"Die, motherfucker ! Die !!!" est un clin d'œil à Russ Meyer, qu'est-ce qui vous plaît dans son cinéma ?
Les mitraillettes et les nichons. Plus sérieusement, j'aime les artistes libres. C'en est un..

Musicalement, ses bandes-sons sont assez éloignées de votre univers. Vous pourriez refaire la musique d'un de ses films ?
Pourquoi pas. On adore la musique de film.

Le clip est assez "dérangeant", vous n'avez pas craint la censure ?
Je crois qu'on s'en foutait. Le clip est hyper important. 8 clips sur 10 sont à se flinguer : belles images, belles gonzesses, beaux mecs, et là, tu vois, je commence à dormir. Le clip est un moyen d'expression formidable, et il est trop souvent pris pour de la communication. La liberté d'expression est tellement compliquée à appliquer aujourd'hui, qu'il faut profiter de tous les médias pour s'exprimer sans aucune retenue. La seule retenue qui est valable, est celle punie par la loi, à savoir l'incitation à la haine, au racisme etc... Pour le reste, il faut y aller, et pas qu'à moitié.

C'est un vrai court-métrage, en temps comme en argent, c'est un gros investissement, comment y êtes-vous arrivés ?
On a rencontré une super équipe, celle de Glockhome à Lyon, après avoir cherché et casté beaucoup beaucoup de réalisateurs. Glockhome nous a ensuite présenté à José Daniel Zaluega le réalisateur, et ce fut une vraie rencontre artistique en ce qui me concerne.

Vous n'avez pas remporté de Berlin Music Video Awards mais y participer assure une belle promo, il y a eu des retombées concrètes ?
On ne nous regarde plus pareil !

Tu connais le "Die motherfucker die" de Suicide Commando et son clip ?
Pas du tout. J'irai voir.

Malgré la situation sanitaire, des concerts se préparent ?
Oui, dont un très prochainement, tenu secret pour le moment, mais l'endroit est assez fou.