Apple Jelly - Die, motherfucker ! Die !!! On a beau suivre la carrière musicale d'Apple Jelly depuis longtemps (2003 !), on n'est pas toujours au fait des splits/reformations/resplits/re-reformations/changements de line-up... Ce qui est sûr, c'est que le cœur du combo, c'est celui de BEnn et que la plupart des titres qui nous sont proposés en ce mois de juin 2020 traînent dans ses cartons depuis quelques années, on en trouvait d'ailleurs déjà deux sur l'EP Control sorti en 2013.

Autour de lui, on aurait pu retrouver sur scène Dav/Fat Kick Jo (batterie), Théo (basse, guitare, synthés) et Axel (claviers) si un certain virus n'était pas passé par là, pour danser avec les gaillards en live, on va encore attendre un peu. Oui, "danser" parce que la pop teintée d'électro des débuts est devenue une machine à brûler les dance-floors, entre new-wave sous testostérone et disco-punk amoureux. On a de la grosse basse, un groove phénoménal, des lignes de chant plutôt douces, des rythmes qui incitent à la débauche et donc des guitares plus discrètes. Avec ce genre de recette, les oreilles se tournent vers New York et les emblématiques LCD Soundsystem mais on peut ajouter MGMT avec qui nos Lyonnais partagent un sens certain de l'esthétique (notamment au travers de clips qui se font remarquer : "Control" avait lancé la mode du gilet jaune, le dernier en date "Die, Motherfucker ! Die !!!" était nominé aux Berlin Music Video Awards dans la catégorie "best narrative" aux côtés de Lindemann et de Kemba qui lui a remporté le prix). Plus proches de nous, on peut voir ce cru Apple Jelly comme une version acidulée de Soulwax ou une approche moins intimiste de The Married Monk (période Headgearalienpoo).

Toujours très pop, encore plus cash électro-clash, Apple Jelly aurait raflé la mise sur les pistes de danse si la fin de l'ancien monde (qui est en plus un des thèmes de l'opus) ne tombait pas pile poil en ce moment. Mais avec des sonorités qui hantent les esprits depuis les années 80, gageons que leurs tubes nous fassent encore vibrer dans le monde d'après.