Ape School Chez Counter Records, on avait été habitué à du très bon rock qui défrise, du bon son amplifié et des titres à la personnalité affirmée qui sur les premières sorties de cette division de l'empire Ninja Tune, avait fait mouche à chaque fois (The Death Set, Pop Levi...). D'ores et déjà le label avait confirmé ses excellentes dispositions en matières de sorties de disques qui clashent bien les tympans en annonçant le nouvel album de The Heavy et la future pépite Cougar. Mais entre-temps, les gens de chez Counter nous servent donc le premier album éponyme du one-man-band Ape School.
Pochette plutôt réussie, un projet solo annoncé comme sonnant très pop, parfois funky, d'autres fois plus planant voire psychédélique, on enfourne le disque dans le player et là on tombe de haut. 13 morceaux pour quasi quarante et une minute d'une musique pop certes parfois très travaillée mais à l'angélisme régulièrement poussif sinon boursouflé ("Wail to God", "That's ok", "Be an encore"). Michael Johnson a voulu écrire un album enchanteur, propice à l'évasion, porté par des atmosphères planantes et des mélodies enjouées, il n'y arrive que trop rarement ("My intention").
La pilule du bonheur made by Ape School ne passe pas. Et si son auteur s'essaie aux expérimentations bizarroïdes ("It's over", "Floridian grime"), ce n'est que pour mieux s'enferrer dans des circonvolutions musicales finalement absconses. Et pourtant, c'est presque à chaque fois au moment où on se dit qu'on va stopper l'écoute de cet album que Johnson sort de sa manche de quoi nous faire poursuivre un peu plus loin. Cette carte maîtresse, c'est sa capacité à savoir écrire des pop-songs moins idylliques et plus tortueuses, moins monochrome et plus audacieuses ("Caveman vs canary"). Plus sombre également, délaissant parfois les contrées pop pour s'aventurer sur des territoires plus rock aux textures digitales appuyées ("Deathstomp", "Rip together, rip apart"). Quelques éclairs pour un album globalement décevant et trop égocentrique. Malgré quelques fulgurances.