Rock Rock > And say we did

Biographie > ASWD

Lorsque Cyril Blandino quitte ses compatriotes de Superstatic Revolution courant 2001, ce n'est pas pour revenir en France, mais plutôt pour s'établir de l'autre côté de l'Atlantique, au pays de Big Mac version King Size et du dieu Coca-Cola. Le petit frenchy va alors passer deux années à jammer avec plusieurs groupes du cru sans jamais se poser de manière définitive... Jusqu'à sa rencontre avec les membres d'And say we did, une formation plutôt orientée post-math-rock basée à Cleveland et avec laquelle le courant passe plutôt bien dès les premières repet. Histoire de faire comme tout le monde, la bande se jette en studio et en ressort avec une petite démo qui sera pressée à 3000 exemplaires... et rapidement épuisée (ce qui est toujours plutôt bon signe). Suite aux échos positifs rencontrés par leur démo, les membres d'And say we did, se remettent à composer, repassent en studio courant 2005 (attention, on y prend vite goût) puis débarque sur les pages du W-Fenec, avec Final demonstration, un premier album prometteur, paru chez un label (Basement Apes Industries) qui n'en finit plus justement de nourrir de belles promesses... Depuis, ASWD a changé de nom pour devenir Endagenda, mais ça, c'est déjà une autre histoire...

And say we did / Chronique LP > Final demonstration


andsaywedid_final_demonstration.jpg Chez Basement Apes (Goodbye Diana, Zul puis Pupille entre autres), on a de la suite dans les idées. Après avoir signé l'un des plus prometteurs combo de post-rock/hardcore ibérique, voici que le label traverse l'Atlantique pour s'en aller chercher And say we did du côté de Cleveland et sortir leur premier album au titre un peu pompeux : Final demonstration. Et force est de constater lors de l'écoute des neufs titres que compte cet album, que les gens de Basement Apes ne se sont guère fourvoyés en signant ces Américains. Car le rock instrumental et labyrinthique de And say we did est des plus heavy. Dense et organique, alternant les passages telluriques avec ceux plus math-rock et aériens, le groupe développe une musique complexe et à la technicité étonnante, mais non dépourvue d'inspiration. Evoluant selon un schéma immuable, celui du perpétuel recommencement, le groupe livre un album où il est difficile de distinguer un titre plutôt qu'un autre. Ainsi, Final demonstration est de ces disques à prendre dans leur globalité, ses différentes pistes s'entremêlant sans fin les unes aux autres pour ne plus former qu'une seule entité : éléctrique, tortueuse, monolithique. Cerner parfaitement le comment du pourquoi de ce premier effort n'est pas vraiment chose aisée, entre post et math rock noisy, entre riffs acérés et section rythmique véloce mais qui part dans tous les sens, And say we did intensifie son propos aussi bien qu'il le radicalise. A réserver aux amateurs donc... Entre ses murs de guitares âpres et imposantes, le groupe parvient tout de même à glisser quelques lignes d'instrumentations qui se superposent parfaitement au reste de cet ensemble au final toujours très compact. Pas forcément des plus accessibles, il faut bien admettre que la musique composée par les natifs de Cleveland a, quelques soient ses défauts, au moins le mérite d'être administrée avec une maestria technique de tous les instants. Pièce sémilnale enfermée dans une gangue de plomb, Final demonstration est de ce fait une fabuleuse mécanique de haute précision qui porte bien fort bien son nom. Un opéra rock instrumental moderne à prendre comme une véritable expérience physique tant la musique d'And say we did nous envahi subrepticement avant de nous submerger inéluctablement, inexorablement. Expérimental, puissant, éreintant même mais tellement maîtrisé, ce premier disque est un opus qui mérite le détour et annonce de beaux jours à ce jeune groupe forcément prometteur.

[us] Dietiss: .mp3 (166 hits)  External  ]