And So I Watch You From Afar - All Hail Bright Futures Puisque le W-Fenec n'est pas notre gagne-pain, mais plutôt une passion à défendre qui s'effectue exclusivement sur notre temps libre (quand il y en a et ça n'arrive pas si souvent), il arrive malheureusement pour nos lecteurs que le délai d'une chronique vis à vis de la sortie de l'album soit longue, très longue même. Ce All hail bright futures est apparu dans les bacs en mars dernier mais, à mon sens, il n'est jamais trop tard pour parler d'une œuvre. Bonne ou mauvaise. Inutile d'ouvrir un débat stérile ici puisqu'il s'agit de vous présenter le troisième disque des natifs de Belfast, le premier sans l'historique Tony Wright, parti foutre son nez dans ses affaires personnelles. En toute franchise, je n'ai pas vu de grandes différences techniques. Et vous ?

C'est donc avec Niall Kennedy (espérons que son nom ne va pas lui porter la poisse à celui-là) qu'ASIWYFA reprend du service pour un album qui, croyez-le moi, est une véritable petite merveille, un gros bouillon énergique de math-(pop)-rock et de post-rock (ou ce qu'il en reste). Peut-être l'album le plus accessible du groupe, je pense. Pas forcément parce que le quatuor enchaîne des tubes (c'est un grand mot) aux rythmes chaloupés et chantés avec par moment des passages exotiques où les séquences de steeldrum se terminent par une espèce de sonate ("Rats on rock" et "Trails") - même si cela aide - mais plutôt parce qu'ils ont su épurer leurs compositions, les rendre moins progressives et moins aventureuses (tout est relatif). Du coup, All hail bright futures libère un chouia les Belfastois de leur penchant post-rock et rend leur musique un peu moins intello-élitiste et plus digestive pour le commun des mortels.

Cela dit, la masse sonore introduisant "Big thinks do remarkable" nous rappelle que le groupe n'est pas en reste quand il s'agit de réveiller l'audience avec sa basse vrombissante et sa batterie qui pilonne les tympans. Ce, sans tomber dans la facilité, car n'oublions pas qu'And So I Watch You From Afar, ça reste deux guitaristes qui tricotent, en quête d'aigus, de notes qui vous triturent le cerveau. S'évertuant à tutoyer les cieux avec des titres contemplatifs (le morceau éponyme notamment), le combo donne finalement à bouffer à tous les râteliers, que cela soit pour l'assoiffé de tournures un brin nerdy ou pour les personnes franchement tournées vers l'indie alambiquée (telle l'exotique "Ka ba ta bo da ka"). On vous l'a dit d'emblée, on le réitère, ce All hail bright futures est une réussite, sans que le groupe ait réellement révolutionné son style. Il n'y a pas meilleure porte d'entrée pour découvrir ces talentueux nord-irlandais avides de polyrythmies endiablées que cet album haut en couleurs... comme son artwork.