noir... Il m'est très difficile de parler objectivement de ce disque. Pour la simple et bonne raison que j'ai suivi l'évolution de cette galette, des premières idées d'interprétation à la finition avec un livret plus qu'esthétique. A vrai dire, Les amis d'ta femme en ont toujours parlé de ce disque noir... putain de disque. Un disque pour le devoir de mémoire, un disque qui permet aux amis d'ta femme de sortir de ce créneau chanson française lourdingue et alcoolisée. Attention, ils ne l'ont jamais renié, mais les amis, c'est aussi des musiciens, des vrais, qui ne pensent pas qu'avec leur foie mais qui ont la foi dans ce qu'il pensent. Et ce disque, l'album noir... et rouge un peu aussi, c'est l'aboutissement de plusieurs années d'une idée qui n'a jamais été mise de coté. Ils ont pris soin de se faire plaisir et d'accoucher de morceaux réellement émouvants, durs, drôles, mais toujours synonyme d'un engagement, d'un esprit libertaire, couvrant une période vaste de la Commune de Paris à cette france Chiracquienne. Le digipak est splendide, d'une qualité exceptionnelle, un bel objet, avec dedans, quatorze textes mis en musique et non l'inverse. Chaque texte qui fait frissoner, réflechir, et qui permettent de comprendre un esprit, un état d'esprit. Les amis d'ta femme, tout simplement. Chaque texte est expliqué, argumenté, enrichi dans le livret du digipak. A vous de vous plonger dans une lecture instructive. Musicalement parlant maintenant, la richesse est elle aussi abondante. Terminé, pour l'instant, la bassine et les deux guitares, place à la 6 cordes electriques, à la flute, aux cuivres, à la batterie, la contrebasse. Avec tout au long du bijou une multitude d'invités comme les Fils de Teuhpu, les Supremes Dindes, Blankass, les Escrocs, bref une panoplie d'indépendants qui rendent eux aussi hommage aux amis d'ta femme. Et tout ça, ça donne du rock 'n' roll, du rockab, de la java, de la musette, de la chanson, du punk, des chefs d'oeuvre. Parfois poignant ("La chanson de Craonne", "La grêve des mères"), tantôt léger ("Sois fainéant", "A las barricadas" magnifiquement interprété par les Teuhpu), toujours authentique. Un disque riche dans tous les sens du terme, de vrais chansons. Plongez vous dans cette aventure qui n'attends que vous. Et je peux vous assurez que ceux qui connaissent l'ancienne formule seront surpris. Vous y apprendrez pas mal de choses sur votre putain de pays au trois couleurs, aux personnes qui ont fait son histoire, des personnages qu'on a trop longtemps ignorés car politiquement incorrect, et encore, je suis poli... Ah oui, encore une chose, savourez bien ce disque, car c'est le dernier enregistrement de David Vincent, qui nous manque déjà. Merci pour tout, David, et à bientôt, j'en suis persuadé.