L'Ambulancier

Interview : L'Ambulancier, L'Ambulancier répond à l'appel (janv. 2025)

L'Ambulancier / Chronique LP > French Manhattan

L'Ambulancier French Manhattan À la fois seul et bien entouré, Palem Candillier a poursuivi l'aventure débutée avec un EP et a donné davantage de corps à L'Ambulancier. Avec un album plus que complet, avec un artwork qui le met au volant d'un véhicule à construire (avec le livret qui s'insère dans le digipak, c'est génial) mais aussi avec une chanson déclinée en clip, difficile de passer à côté de L'Ambulancier (à moins d'être en état d'ébriété ?).

Premier des dix titres de l'album intitulé French Manhattan, "L'ambulancier" nous remet rapidement en connexion avec l'univers de l'ancien leader de So Was The Sun : du rock, des mélodies, des textes et un peu d'habillages pour accrocher l'oreille au plus vite. Parfois les instruments "classiques" prennent les devants (guitare pour "Patinage (Le point de)", basse pour "Je bois des blanches"), parfois ce sont des sonorités électro venues du siècle passé ("Iowa", "La ligne de partage", "Cheat code"), mais l'amalgame se fait toujours très vite pour donner un résultat hybride où la base rock se marie aux arrangements de manière assez naturelle. L'Ambulancier cherche à varier les effets (ou à les pousser au maximum sur "Central·e") et les couleurs, mais soigne également ses textes (qui auraient pu être dans le livret) et leurs harmonies. Outre quelques idées assez focus sur des thèmes précis ("Patinage (Le point de)" qui compare la vie aux choix d'un pilote, "Donatello" sur des Tortues qui vivent dans le métro et font preuve d'intelligence, l'inquiétant "Cheat code" sur le champ lexical des gamers...), certains morceaux donnent à apprécier les jeux avec les mots qu'ils soient empruntés à la poésie (Baudelaire) ou jouent les faux semblants (ivre de la jungle). Quand les astres s'alignent et que Palem ajoute une dynamique punchy, on obtient, selon moi, les meilleurs titres, c'est le cas pour "L'ambulancier" et "Je bois des blanches", ce dernier étant particulièrement... addictif !

En bonus, histoire de remplir l'ambulance, on a le droit à la version de "Donatello" avec un invité très spécial puisque Peter Lorne est l'auteur du générique des Tortues Ninja, il chante le morceau à la place de Palem, c'est un clin d'œil sympathique. L'Ambulancier offre aussi 4 titres enregistrés en live (mais sans public), captés sur la scène de Mains d'œuvres à Saint-Ouen, ça nous permet d'entrevoir l'énergie déployée par le groupe lors des concerts même si le son est un peu écrasé. Je vais faire le relou de service mais plutôt que de nous mettre une troisième fois "Donatello", y'avait pas moyen de jouer un vieux titre genre "Anti-système solaire" ? Comment ça, j'en demande trop ? Oui, bon, désolé. Et donc merci, merci pour les morceaux, merci pour le digipak ambulance, merci pour les clips, merci pour les bonus, merci !

Publié dans le Mag #64

L'Ambulancier / Chronique EP > L'ambulancier

L'Ambulancier Sans faire offense aux autres musiciens qui donnent corps à L'Ambulancier, ce nouveau groupe est d'abord celui de Palem Candillier (guitariste et chanteur chez So Was the Sun ou The Bree Van De Kamp's mais aussi auteur éclairé comme pour Nirvana In utero), c'est sa voix, sa guitare, ses textes, sa trogne amochée sur la pochette et il a même enregistré le premier titre. Pour le reste, il a fait confiance à des amis et notamment, pour l'enregistrement et le mixage de 80% de l'EP à Hugo Cechosz (passé par Superflu, Eiffel ou Twin Twisters). C'est donc dans son univers qu'il nous emmène toutes sirènes hurlantes.

Pop rock en français, L'Ambulancier mise beaucoup sur les mélodies, des paroles personnelles qui sonnent et résonnent (j'adore "Anti-système solaire" qui joue avec les théories du complot) et une énergie qui passe autant par le rythme que par les relances après les cassures. Sur cette base, assez classique, le combo affirme son identité avec quelques effets : des petites distorsions bien choisies, une rythmique à la fois vibrante et synthétique ("Alignement désastre") ou des éclats qui ne passent pas inaperçus ("Monogame" qui m'a rappelé Scapin, d'ailleurs au passage, peu de comparaisons "évidentes" peuvent être faites, il faudrait certainement chercher davantage du côté anglo-saxon...).

Il n'y a que 5 titres mais Palem diversifie les propos et les approches montrant que son talent peut s'étendre au-delà du style dont il a déjà démontré la maîtrise. En tout cas, il apporte de la fraîcheur et fait honneur à une certaine idée du rock made in France qu'adouberaient certainement Virago, Luke ou Deportivo.

Publié dans le Mag #47