Ambre

Interview : Ambre, Interview ambrée (mars 2025)

Ambre / Chronique LP > Génération

ambre generation Alors, oui, cet album a un an. Mais il a fallu ce temps pour encaisser la claque qu'est ce disque. Alors que nous avons réalisée dans ce magazine une interview du groupe, j'aurais tant aimé pouvoir les voir sur scène et photographier leur show. Revenons au premier tome de Génération, dès les premiers riffs, Ambre nous plonge dans un univers musical où l'on se sent immédiatement chez soi. Leur son est résolument rock, teinté de hip-hop, et chanté en français, une combinaison qui, bien que familière en apparence, réussit à se démarquer par son authenticité et son originalité. Les quatre musiciens du groupe affichent clairement leur volonté de s'affranchir des étiquettes et de défendre la mixité sociale à travers leur musique.

Leur premier album, composé de 10 titres pour une durée totale de 35 minutes, est une véritable démonstration de leur talent. Des morceaux comme "Silence" illustrent parfaitement leur capacité à fusionner les genres : commençant comme un titre de hip-hop, il évolue rapidement avec l'irruption d'une guitare électrique puissante et un refrain flirtant avec le metal. Cette association, bien que connue, sonne différemment avec Ambre, grâce à leur approche unique et leur sincérité palpable. Avec ce premier album, Ambre confirme tout le bien que l'on pensait d'eux. Ils ont su évoluer tout en restant fidèles à leur essence, offrant un opus mature et abouti. Chaque morceau est une exploration émotionnelle, où les influences variées se mélangent harmonieusement pour créer un son distinctif. Si leur première bio les revendiquait de Darcy, ils ont rapidement prouvé qu'ils étaient bien plus que cela, créant leur propre genre et imposant leur signature musicale.

La colère et la rage transparaissent dans leurs textes, mais ils invitent également à la réflexion. Chaque morceau raconte une histoire, abordant des thèmes variés tels que la génération actuelle, la consommation, les frontières, la solitude et la lassitude ("Marre à vous"). Mais au-delà de ces sujets, Ambre parle avant tout de la vie, avec une profondeur et une maturité impressionnantes. Enregistré et mixé à Vichy par Stefan Colomb, cet album est une véritable fusion de styles, mais il est surtout marqué par une sincérité qui s'entend dès les premières notes. Ambre nous offre ici un opus riche et cohérent, qui témoigne de leur talent et de leur engagement. C'est une très belle découverte, une fois de plus, qui me fait plaisir. Savoir qu'il existe un tel vivier de talents dans notre pays est une source de fierté et d'inspiration. Ambre est sans aucun doute un groupe à suivre de près, et leur premier album est une preuve éclatante de leur potentiel et de leur originalité.

Publié dans le Mag #65

Ambre / Chronique EP > #Silence

Ambre - #silence Il y a parfois des EP qui arrivent par la poste et dont la bio interpelle. Dans le cas présent, c'est un ensemble (pochette, bio) qui invite à l'écoute. Il y a également le détail suivant, citer les amis de Darcy comme influence et d'y adosser le nom de Demago qui est également fort apprécié à la rédaction.

C'est donc une attente forte que créé Ambre en attaquant de la sorte. Il faudra que le "Silence" de cet EP soit marquant pour que les gars ne passent pas pour des frimeurs aguicheurs. Dès le premier titre, Ambre ne laisse pas indifférent, telle la pierre organique dont il tire le nom, il plaque un filtre jaune sur la réalité, comme un révélateur. Ses titres sont des cocktails molotov, la hargne est parfois maladroite mais toujours sincère, et plus on écoute les titres plus le côté maladroit apparait fluide plus comme un réflexe pavlovien, un réflexe par rapport à la société dans laquelle on vit, comme un instinct de survie. Rester immobile ferait d'eux une proie, alors Ambre est en constant mouvement, allant chercher des sonorités grunge ou fusion comme celles que Tom Morello sait si bien produire. Si Ambre peut faire également penser à Noir Désir, il faut plus chercher l'influence chez Teyssot Gay que chez le leader décrié.

Sur "Recommence", le riff lancinant fait un écho aux antipodes du chant rappé qui se fait plus mélodique sur le refrain. Un morceau qui ne parle pas de trahison ni du poison ambiant qui tue à petit feu la société comme les précédents ; il parle du possible, de l'avenir, de seconde chance. Et c'est là finalement que Ambre marque des points plus dans la construction future que dans la destruction de l'existant (BFM, politiques, etc.).

Il y a une urgence à décrire le monde brûler comme dans "Brutal" mais Ambre se remonte et ne veut pas être un complice par abstention, alors tel un Néron, Ambre dépeint ce monde sans être la cause de l'incendie et cherche le bon en l'homme pour éteindre l'incendie ou reconstruire sur les braises.

De Darcy, on retient les directs du droit dans les textes ainsi que les riffs assassins, de Demago, Ambre prend le cynisme, l'acidité pour dénoncer ; l'acidité comme pour mieux révéler les travers de l'Homme du XXIème siècle et ses incohérences. Un EP de 20 minutes à qui il ne manque qu'une chose, la suite en long format et la possibilité de brûler les scènes de France.

Publié dans le Mag #50