The Alvaret Ensemble - S/t Collectif anglo-néerlandais formé au printemps 2011 à l'initiative des musiciens Greg Haines, Romke Kleefstra, Sytze Pruiksma et du poète Jan Kleefstra, The Alvaret Ensemble enregistre au cours de l'été 2011 une série de compositions aux patronymes assez énigmatiques avec les participations de nombreux musiciens parmi lesquels Iden Reinhart, Hilary Jeffery, Peter Broderick, Nils Frahm (ces-deux là étant deux des fers de lance de la prestigieuse écurie Erased Tapes qui sort notamment les disques d'Olafur Arnalds depuis ses débuts) et Martyn Heyne. En clair une petite constellation de musiciens plus ou moins connus, tous issus des sphères classiques, néo-classiques ou contemporaines, pour s'associer au sein d'un projet qui va donc assez logiquement se trouver à la croisée des genres de prédilections de ses contributeurs.

Double-album éponyme, le premier effort de The Alvaret Ensemble, capté dans des conditions du live dans une église de Berlin (Allemagne) sort fin 2012 via l'incontournable Denovali et distille près d'une heure et demi d'une musique minimaliste, séminale, flirtant en permanence entre (néo)classique, légère expérimentations contemporaines et doom-jazz enfumé. Des mélodies qui se figent dans la temporalité de l'album, des harmonies feutrées, maintenant l'auditeur dans un halo de fumée, un univers sonore aux ambiances mouvantes, parfois enivrantes, d'autres fois plus sombres et nébuleuses, parfois même légèrement horrifiques. Un soupçon de spoken word, des drones posés là pour hanter l'auditeur, des textures sonores de plus en plus insaisissables, le collectif évolue sur les territoires musicaux de The Kilimanjaro Darkjazz Ensemble et de son side-project (faux)-jumeau The Mount Fuji Doomjazz Corporation avant de s'en retourner voguer vers horizons plus calmes.

The Alvaret Ensemble jongle avec les étiquettes, les approches stylistiques, use des instruments à loisir afin de composer différentes toiles musicales, dépeindre des panoramas exhalant un onirisme délicat. Quelques grappes de notes courant sur le clavier, des arrangements à cordes virevoltant dans l'atmosphère, une poignée d'arpège fugitifs s'échappant du carcan d'un conformisme trop facile, il n'y a pas grand chose à redire, l'association d'idées entre musiciens anglo-saxons et flamands fait de jolies étincelles et si le résultat final aurait gagné à s'offrir quelques moments d'intensité brûlante, ce double album devrait combler les inconditionnels de l'univers Denovali Records.

PS: en termes de look, le visuel et le design de l'objet sont plutôt classes.