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Biographie > l'ALTernative "Damaged Rock"

ALT est une certaine conception du rock. Une alternative, une variable baptisée Damaged Rock. Car ALT est un power-trio francilien dont les membres, à eux tous, cumulent une douzaine de groupes (rock indé, français, heavy, indus ...), cinq albums et surtout pas mal d'années de pratique de la musique. Il fallait donc que toute cette expérience cumulée chacun de leur côté leur serve à quelque chose. ALT donc, formé en 2011 pour lequel, Denis, Nicolas et Mr Scotcth combinent leurs vécus afin de faire émerger leur envie, leur besoin de proposer la musique qui leur tient à cœur : à savoir un rock qui aurait enfin digéré ses influences (pour une large part alternative 90's) pour en proposer non pas une énième relecture, mais un véritable dépassement ancré dans une respectueuse et généreuse continuité. Entre 2012 et 2013, le groupe, plutôt productif sort ainsi pas moins de 4 EPs en attendant de passer au long-format...

ALT / Chronique EP > I'm a model

ALT - I'm a model Délicate était pour ALT la tâche de livrer un troisième EP quelques mois seulement après deux efforts inauguraux de très bonne voire excellente facture. Surtout que le groupe a pour logique de ne surtout pas se répéter, alors après être monté en puissance entre I'm a singer et I'm a dancer, le changement est presque un crève-cœur créatif pour le power-trio qui avait su donner jusque-là dans un rock/grunge hi-energy aux effluves caniculaires, au groove fracassant et riffing cinglant. Pas de ça ici, I'm a model dévoile la facette indie-rock des franciliens avec une teinte old-school renvoyant à la période 80's là où les deux premiers opus du groupe évoquaient plus les 90's/2000's.

Fatalement, le résultat est moins accrocheur, moins efficace et convaincant que par le passé (très) récent. Et si "Maze" rempli parfaitement son œuvre, la suite sonne parfois un peu trop classieuse, conformiste et quelque peu enfermée dans un carcan stylistique dont on cherche encore la touche "Damaged rock" revendiquée par le groupe. Non pas que ce ne soit pas bon, mais à côté de ce dont on sait les ALT assurément capables, "The plan" est parfois un peu linéaire quand "I had a dream" s'emploie, sans trop de succès, à éviter à l'auditeur les affres d'un ennui latent. On est peut être exigeants avec eux mais cette aspect rock "sous influence" affadi considérablement la griffe musicale d'un groupe qui se veut à l'exact opposé de ce qu'il donne ici.

Et ce n'est pas le quatrième et dernier morceau de l'EP qui vient contredire l'état des lieux dressé au terme des trois précédents. Mais en même temps on ne pourra pas reprocher aux franciliens un manque de cohérence artistique dans leur démarche. C'est simplement qu'ils peuvent proposer tellement mieux que "Silhouettes and summer frowns" que l'on peut difficilement ne pas être un peu déçu en écoutant I'm a model. lequel invoque alors le besoin impérieux de se replonger dans les deux premiers opus du groupe. Puis tant que ALT ne quitte pas la platine, c'est l'essentiel en même temps.

ALT / Chronique EP > I'm a singer

ALT - I'm a singer ALT, c'est comme l'industrie du cinéma. Quand ça marche et que c'est bon (enfin pas toujours à Hollywood mais là oui), on en fait d'autres. En même temps, dans le cas du combo francilien, c'était quand même ce qui était prévu à la base. Si bien qu'après un très solide premier EP (I'm a dancer), ils remettent fatalement le couvert avec une deuxième explication de ce qu'est le "damaged rock", vu, inventé et exécuté par eux-mêmes. Une suite qui trouve toute son implacable légitimité dans un "2000 times" au groove incandescent et au riffing d'une foudroyante efficacité. On pense à un Audioslave avec un feeling de patron, à un mix de power-rock burné et de grunge salvateur : alors le résultat donne ses lettres de noblesse à un groupe qui démontre qu'il est réellement capable de très belles choses.

Et confirme avec un "This ain't no hit" qui envoie les watts titiller les enceintes comme jamais (chez eux). ALT sonne 90'/2000' avec un truc pourtant très actuel et une justesse dans les choix artistiques qui fait claquer les amplis jusqu'à plus soif. En sus, la prod' est plutôt très bien troussée et rend grâce à des titres qui transpirent le rock à pleines gouttes, témoignant d'un amour immodéré pour la musique amplifiée à grosses guitares que le groupe transmet en intraveineuse avec un plaisir communicatif ("Set to drown" et son gimmick rock funky sauvagement catchy). On se dit alors que le trio va s'offrir un joli grand-chelem avec un quatrième dernier titre à la hauteur des trois précédents et c'est... finalement le cas. Les franciliens déballant un ultime morceau qui finit le travail sans ciller ni faiblir. Histoire de nous faire trépigner d'impatience avant une nouvelle offrande, de plus en plus attendue...

ALT / Chronique EP > I'm a dancer

ALT - I'm a dancer Eux ils appellent ça du "damaged rock" et si une telle appellation fait limite origine contrôlée voire un tantinet prétentieuse lorsque l'on sort son premier EP, l'écoute du tout premier effort des franciliens d'ALT - puisque c'est deux d'ont il s'agit ici - permet de rapidement aplanir les choses. Parce que s'ils ont voulu donner un nom à leur griffe musicale propre, c'est aussi parce qu'elle leur appartient assez fidèlement. Evidemment, le groupe ne révolutionne pas le genre mais dans un registre rock frondeur, aux effluves punkoïdes ("I amn't"), roots et alternatif dans l'âme comme dans le rendu final, cela fait mieux que tenir la route.
Puissant et dopé aux hormones d'excroisssances sonores, ALT déballe ici un premier 4 titres de rock mécanique ("The important ones") qui fait de jolis dommages dans la tuyauterie tout en prenant le temps de poser ambiances comme mélodies. Cela sans évidemment oublier les surdoses électriques qui viennent bruyamment le traverser de part en part ("Super hardcore sing-a-long song"). Parce qu'avant tout, le power-trio francilien a de la dynamite dans les veines et le fait savoir sans se poser de questions. Totalement décomplexé après trois titres, il ne se détend toujours pas au moment d'envoyer la dernière salve de son rock AOC noisy, abrasif et tout à fait électrisant ("All that's wrong in it"). En attenant la suite, au prochain numéro, cet EP #1 étant le premier d'une série de quatre opus tous bien gorgés d'électricité rock'n'roll.