All Them Witches - Nothing as the ideal All Them Witches continue sa mue en version accélérée (troisième album en 4 ans) et si on garde une image assez psychédélique, colorée et inquiétante (un peu un mix des deux artworks précédents), le trio semble se poser davantage et devenir de plus en plus accessible. En conservant leurs références (du blues, de la folk, du psychédélisme, les années 70), les Américains jouent davantage sur la simplicité. En témoignent des titres comme "Saturnine & iron jaw" (particulièrement épuré pour un titre stoner), "Everest" (qu'une petite guitare au son à peine distordu), "The children of coyote woman" (une ballade country) ou même "Rats in ruin" (dont les 9 minutes se terminent comme un titre de Pink Floyd mais qui a pris son temps et en est arrivé jusque là dans un calme olympien). Quand ils sont plus nerveux ("Enemy of my enemy", "Lights out"), la voix reste claire et mélodieuse, facile à suivre et surnage au-dessus de la saturation pour nous servir de repère. Le combo garde son côté aventurier et propose encore des titres plus longs et outre "Rats in ruin", s'étend pour "See you next fall" où la basse vient cadrer une ambiance peu rassurante, la guitare puis la voix, encore elle, viennent tout remettre en ordre, le son est classe, l'ensemble progresse avec grâce, sans se préoccuper des timings radiophoniquement corrects ou de ce à quoi est censé ressembler la fin d'un titre. Si on pourrait presque qualifier la tonalité d'ensemble de "pop" au regard du tempo et des harmonies, All Them Witches s'attache à montrer qu'il a encore du mordant avec la partie finale assez lourde de "41" ou un "Lights out" venimeux so seventies. Ambitieux mais efficace, Nothing as the ideal s'écoute très aisément, c'est une excellente porte d'entrée dans l'univers ATW pour celui qui n'aurait pas encore franchi le pas...