Alkalys - A pack of lies Si l'on devait reprocher quelque chose à Choeur délys, ce serait sans doute son visuel plus que son contenu réel, l'album, bien que livré dans un élégant digipak se distinguait alors par des partis-pris en termes d'esthétique disons... discutables, même si le constat est ici, et plus qu'ailleurs encore, extrêmement subjectif. Pour A pack of lies, sorti comme son prédécesseur chez le toujours excellent Basement Apes Industries (General Lee, Membrane, Sofy Major, Toundra et une flopée d'autres pépites du même genre...), rien à redire, les normands ont particulièrement soigné le pack(aging) ainsi que le design de l'objet. Mais pas que.
Entre post-rock stratosphérique et noisecore métallique, post-noise donc pour faire un raccourci rapide, l'éponyme morceau-titre de l'album présente ce qu'est l'Alkalys : languissant lorsqu'il est instrumental, écorché vif lorsque les complaintes vocales font leur apparition. Plus intense que par le passé, le groupe qui s'est vu renforcé par un ex-feu-Draft semble avoir un peu hérité du côté hardcore de leurs désormais ex-voisins. Plus lourd et corrosif qu'à l'époque de Choeur délys également, il se retrouve désormais à la croisée des chemins : entre le post-rock, registre dans lequel on pourrait le classer s'il n'était pas aussi violent ; et le mouvement noise-hardcore, duquel il se rapproche progressivement jusqu'à en épouser les dogmes les plus fondamentaux.
Sur l'orageux "Inferno black clouds" ou le plus mesuré "999" (enfin au début), Alkalys se livre à une démonstration formelle de post-noise languissant, tout en progressions instrumentales habilement construites, traversé par des éclairs doomcore aux vocalises exhalant une bestialité trop longtemps retenue. Tel est donc ce A pack of lies, un album qui sait redoutablement bien emmener l'auditeur dans une direction, pour le faire bifurquer finalement vers tout autre chose, avant de le remettre sur le chemin initial ("Incandescence"). Autant d'incursions parsemées de cette violence brute dont on ne soupçonnait pas forcément le groupe, qui fait ici preuve de caractère et livre par là-même un disque hybride incroyablement racé ("Red cross on the highway")... clairement mille fois plus subtil que 99% de la production actuelle.