Alice in Neverland - Debut Ce Debut d'Alice In Neverland est la bande-son d'un film qu'il reste à écrire et réaliser, même si le nom de son projet provient de la littérature, il me semble évident que Vincent Fauche travaille avec des images dans la tête, son "Prelude" résonne donc comme un générique d'introduction à un monde merveilleux. Hors de notre monde connu et donc de la géographie puisque de l'autre côté du miroir et/ou à Neverland, le compositeur s'échappe également du temps présent avec une ritournelle aux influences médiévales ("Clair obscur"), nous voilà complètement plongé ailleurs, sans repère, abandonné... Il est donc logique que l'on ressente alors une forme de stress qui se matérialise avec "Au bout du fil" où piano et violoncelle construise un thème moins obsédant que les tubes de Clint Mansell (Requiem for a Dream) ou John Murphy (28 days later...) mais tout de même très prenant. Ces deux instruments sont importants pour Vincent qui leur donne une assez grande place à côté de sa guitare, ses samples et sa voix qu'il dissimule parfois sous quelques effets distordant rappelant certaines ambiances du Twin Peaks de Lynch ("Observatoire") ou les bidouillages entêtants du Chapelier Fou ("Zazen"). C'est après un doux morceau de piano ("2 soeurs") que le chant -en anglais- se dévoile le plus ("Mosquito" puis "Roulette"), accompagné d'une guitare acoustique riche en arpèges, il se fait délicat et protecteur. Apaisés, auteur et auditeur, laissent s'écouler "Belisa" puis "Shadow" avant d'être davantage remué par les percussions de "Senshin", ultime piste instrumentale, plus mystérieuse, elle laisse entrevoir une suite... Et une suite autre que le passage caché quelque peu dénué d'intérêt que l'on trouve quelques minutes plus tard.
Porte d'entrée dans le monde féérique d'Alice In Neverland, Debut est un album inclassable et très coloré où trois instruments différents jouent sur leur complémentarité pour nous faire voyager. Comme son nom l'indique, il devrait être suivi d'autres aventures, laissons à Vincent Fauche le temps qu'il faut pour nous les concocter avant de s'en délecter.