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Ali Veejay / Chronique EP > Giant heart

Ali Veejay - Giant heart Body Grind Pop. Voilà ce que nous sert Ali Veejay sur ce Great heart au bel artwork (c'est un renard mais on préfère croire que c'est un fennec). "Body", car il n'utilise aucun instrument de musique, uniquement sa voix et son corps, des claquements de doigts et des petites tapes pour battre la mesure, quelques riffs bruités à la bouche, un chant translucide qui fait vivre de jolies mélodies et c'est tout. "Grind", parce que les compositions sont expéditives, on doit être sur du 80 secondes de moyenne sur les 6 plages, on a à peine le temps de rentrer dans le morceau qu'on doit déjà passer au suivant. Sautant sans cesse d'une idée à l'autre, on a un peu de mal à se laisser prendre au jeu et j'éprouve un certain malaise à voir défiler aussi vite quelques belles idées, "Hold on" et sa version française auraient pu être accrochées entre elles pour ne former qu'un plutôt que se faire écho sur une si courte plaque. "Pop", bien sûr du fait de la beauté des harmonies, des lignes très pures, qui touchent directement et qui auraient presque pu (dû ?) nous attaquer sans aucun autre artifice, les onomatopées qui habillent parfois les plages peuvent en effet brouiller le tableau. Bref, Giant heart est un exercice de style à réserver aux amateurs d'expériences sonores et aux adorateurs d'Ali Veejay.

Ali Veejay / Chronique LP > Ali Veejay

Ali Veejay Si tu lis cette chronique en espérant découvrir une extension de 1=0 au travers de l'album solo de son ex-chanteur Ali Veejay (parfois accompagné de son ex-bassiste), tu peux passer ton chemin car ce premier opus sans nom (mais avec de jolis dessins) est bien plus cool et structuré. Les titres sont en effet construits autour d'idées simples et s'ils vont tous dans des directions un peu différentes (on y reviendra), ils ont en commun une ambiance reposante y compris quand ils s'excitent un peu ("Hurt the sleeping"), "pop" et "folk" peuvent donc servir d'adjectifs épithètes à Ali Veejay. Une tendance générale qui se dégage alors que le Charentais s'ouvre plusieurs voies, inspiré tant par l'Amérique latine ("Ramon"), le reggae ("Doctor", "Small fishes"), la soul ("Last long"), la couleur d'une guitare sèche ("Intrusion"), le rock ("Hurt the sleeping") et ses faux airs d'indie-rock ricain de la fin des années 80 genre Yo La Tengo, Guided By Voices...) ou même le slam ("Odio puro"). Par des coups de crayons et des coups de médiator, Ali Veejay livre un petit carnet de voyage, une évasion nécessaire en ces temps d'enfermement, un petit moment de répit (aucun morceau n'atteint les trois minutes), une série de petites bulles de fraîcheur à savourer comme la réouverture des terrasses et le retour de l'été...