My Rock is Bigger than Yours - fly Sur invitation du W-Fenec, nous étions envoyés Ted et moi à cette soirée rock se passant dans un pub irlandais parisien se trouvant non loin du Moulin Rouge (je précise pour les touristes, cela pose l'ambiance du quartier...). Ayant encore un peu de mal du concert mémorable des Suicidal Tendencies de la veille, qui, curieusement se passait non loin de là (Elysée Montmartre), c'est avec difficulté que je retrouve Ted (avec un couscous dans le ventre), qui pour sa part, n'avait pas réinitialisé sa boussole interne... Le temps de s'en griller une, de saluer la victoire d'un tennisman français, de s'enquiller une paire de bières et le concert pouvait commencer...
C'est aux Juno Lips, invités de dernière minute, que revient la difficile mission d'ouvrir la soirée. Il est à peine moins de 19h. Le public est encore très clairsemé et j'ai même l'impression qu'il y a plus de photographes que de public proprement dit (NDT : les premiers rangs étaient, en effet, occupés par une demi-douzaine de photographes). Malgré cette ambiance inhabituelle, les Juno Lips délivrent un set carré et net. Leur rock chanté en français, chargé d'émotions ne fait pas forcément l'unanimité mais leur honnêteté est sans ambage. Le chanteur, dont le timbre me fait penser à Dominique A, tente quelques blagues avec l'auditoire et le guitariste principal nous place des effets sympas... Ce n'est pas forcément notre bonheur mais ça se laisse écouter agréablement.
Les choses commencent à s'intensifier avec les Rescue Rangers (from le Sud de la France !). Ce power trio fout "el fuego" avec leur riffs tantôt sludge, tantôt doom, et ne perd pas de vue un des idiomes du rock : l'intensité !!! Le public ne s'y trompe pas et leur réserve un très bon accueil ! C'est extrêmement bien foutu, Ted et moi adhérons complètement, surtout qu'ils se permettent quelques digressions psychées venimeuses plus que bienvenues ! Pour moi, le seul petit bémol reste la voix du chanteur qui manque parfois soit de justesse, soit d'intensité sur certains titres. Mais musicalement, ça envoie !!! Et c'est avec plaisir que nous apprenons qu'ils ouvrent pour Hermano vendredi prochain (ils confirmeront nos impressions) !
C'est devant un public acquis d'avance que débarquent les Alcohsonic avec leur blues rock californien d'inspiration plus 80's que 70's. En effet, leurs compos nous font irrésistiblement penser à du Aerosmith, quelques Living Colour (première période) ou encore Ugly Kid Joe ! Et malheureusement, cette impression se retrouve renforcée par la reprise façon blues rock de "Killing in the name" des RATM, qui perd l'intensité et le rythme d'enfer de l'original. Laborieux et assez inutile en somme... (malgré la participation, sur un titre, de LoL Nico, chanteur de Royal Bubble Orchestra). Le souci, c'est que l'on a, Ted et moi, cette intime conviction d'avoir déjà entendu une centaine de fois cette musique auparavant. Non pas que les zicos soient mauvais, loin de là, (avec mention spéciale au chanteur et au guitariste), mais parce que ça ne prend pas, on n'arrive pas à être dedans sérieusement. Mais bon, ça n'est pas un problème, vu que leur public, essentiellement féminin faut croire, les soutient avec force...
Place à la musique qui fait "mâle" avec Royal Bubble Orchestra, les cheveux se détachent, les barbes poussent, les cuirs sont de sortie, tout le monde à sa bière à la main ? Ok let's go !!! Je résume, mais c'est un peu ça RBO en live... Du bon gros rock d'obédience stoner, des zicos qui ont le look de leur musique, un charisme et un plaisir communicatifs, bref, ça ne triche pas !!! Et ça balance grave ! Ils ont le blues insidieux ces gars-là, tellement, qu'ils s'insinuent dans l'excellente (et surprenante !) cover "Lullaby" des Cure ! Le chanteur se montre à l'aise dans de nombreux registres, il se fait plaisir et nous avec !!! Et on en redemande à tel point que le groupe se permet plusieurs rappels et, l'air de rien, se permet de piquer la vedette au groupe qui doit suivre...
Les Amen Birdmen s'installent devant un public qui a tendance à se disperser (ce qui peut se comprendre, ça fait presque 4 heures qu'on est là...). Le chanteur nous invite à leur "répète géante" (c'est quoi ce bordel? je suis venu voir un concert moi !). Et c'est reparti pour rock typé 80's (genre un peu les Gun's, un peu The Urge, beaucoup the Black Crowes), mais avec un truc en moins quand même... Et c'est dommage ! Car le guitariste lead est vraiment excellent, technique avec beaucoup de feeling, c'est vraiment lui qui porte les compos. Contrairement au chanteur, qui, s'il a un joli timbre de voix aigüe entretenue au Jack D., a autant de charisme qu'une huître sous extas. Il a beau se démener, rien n'y fait ! Les compos s'enchainent et l'ennui nous gagne lentement et sûrement... Rendez-nous RBO ou Rescue Rangers !!!
C'est dans une salle plus que clairsemée que nous quittons la salle et regagnons la froideur de la rue. Parce que, on beau se trouver dans un quartier chaud, on se les pèle !!! Nous avons néanmoins passé une excellente soirée avec au moins deux belles découvertes, RBO et Rescue Rangers, vous l'aurez compris !!! Et ça c'est toujours gagné par les temps qui courent !!!