alcohsonic_never_drink_without_live_element.jpg Message de Seb d'Alcohsonic il y a quelques semaines : "Hello A. on va enregistrer un live au TNT ça te branche de le chroniquer dès que c'est en boîte". Réponse quasi immédiate de ma part : "Si ça déboite autant que sur l'album, j'en prendrais bien une tranche effectivement...". L'été passe chaudement et l'objet arrive jusqu'aux tympans de votre serviteur qui découvre qu'en live, Alcohsonic ça passe plutôt bien. En témoigne ce Never drink without live element, compilation de live enregistrés pour la Grosse Radio et le TNT, une sorte de top 50 des nouveaux talents venus de la scène indé, qu'elle soit d'obédience pop, rock ou metal... Un "live recordings" qui oscille en permanence entre la saturation électrique des titres stoner heavy et incisifs rock tels que "Alcohsonic days" ou "I'm your man" et les atmosphères grunge caniculaires et bluesy des plus acoustiques "Schyzo man" et "The cathodic way of life". Sulfureux.
Des riffs acérés, un batteur à la précision diabolique, un chant qui domine l'ensemble avec aisance et savoir-faire, quand il s'agit de faire parler les décibels, on le savait déjà, le groupe sait y faire. Mais diluer sa puissance brute dans des atmosphères plus feutrées, stone-rock, les Alcohsonic maîtrisent également, un peu à la manière des illustres Slo Burn, sHeavy ou Nebula. Empruntant les sillons du rock psychédélique enfumé, le groupe nous emmène avec lui dans un périple éthylique au travers des immenses déserts américains, entre un "The cathodic way of life" chamanique et un "Mojo driver" plus funky et au groove étourdissant. Des soli gratte fuselés et bien roots qui peuvent à tout instant enflammer les enceintes, un feeling monstrueux, Alcohsonic fait le show avec une aisance étonnante et une efficacité qui a de quoi en laisser plus d'un sur le carreau. Mais des carreaux, dans le désert américain, il n'y en a pas des masses... (sic). Bref, on suit donc les péripéties rock'n rollesque du groupe avec cette impression latente d'être reparti dans les années 70 et l'assurance de prendre une belle claque labélisée "hard rock old school" avec le détonnant "Big city life" façon White Stripes décomplexé Avec Alcohsonic, on se prend une belle tranche de riff en pleine tronche et d'énergie quasi punk dans les conduits auditifs. Et, après six titres exécutés toutes guitares dehors et section rythmique qui platre à tout va, alors qu'on s'attend à une nouvelle avalanche de décibels stoner, le groupe change son fusil d'épaule et la joue complètement acoustique. A la manière des Foo Fighters sur le sympathique Skin and bones, les Alco livrent trois versions acoustiques de leurs meilleures compos, soit dans l'ordre de passage : "The cathodic way of life", "Alcohsonic days" et "Big city life"... L'occasion pour le groupe de réarranger ses morceaux tout en finesse et mélodie rock pour nous offrir l'autre facette de sa musique, moins éléctrique que d'ordinaire mais assurément toute aussi efficace. Une guitare reptilienne, un chant habité et des compos qui prenent un tout autre sens dans cette forme acoustique ; une maîtrise technique de tous les instants et surtout, ce feeling imparable, il y a déjà tout dans cet album live cousu main et quasiment fait maison... Sans doute la marque d'un excellent groupe en devenir...