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the_album_leaf.jpg L'Islande et ses paysages polaires semblent être pour un certains nombre de musiciens des lieux idylliques pour composer. Bien loin de la chaleur et de l'agitation de la Californie dont il est originaire, James LaValle, l'homme qui se cache derrière l'entité The Album Leaf (en référence à une oeuvre de Frederic Chopin) est un artiste qui a ainsi décidé de changer de monde en s'installant sur l'île, pour écrire une musique différente de ce qu'il avait fait auparavant. Lui, ce talentueux et prolifique pianiste/ multi instrumentiste de formation classique qui a participé à nombre de projets dont Tristeza, formation piano-rock de San Diego est l'un des plus connus et reconnus. A son palmarès, on trouve également des collaborations avec The Locust, groupe noise punk, GoGoGo Airheart et surtout The Black Heart Procession.
Apôtre d'une musique délicieusement contemplative, douce et onirique, son travail évoque inévitablement la scène post-pop scandinave ou l'oeuvre de Brian Eno. Sur des fondations post-rock/ ambiant, il bâtit des paysages sonores avec une myriade d'instruments entraînant l'auditeur dans des voyages aussi étranges qu'introspectifs. En 1999, l'homme fait ses débuts discographiques avec un album intitulé An orchestrated rise to fall (The Music Fellowship / Linkwork), premier d'une longue liste d'efforts, qui veront James LaValle produire des disques avec une régularité pour le moins impressionnante. Suivent donc un deuxième album intitulé, One day I'll be on time (2001, Tiger Style Records), puis 2 EP : In an off white room (2001) et Seal Beach (2003). Entre-temps, il signe un split avec le groupe On!Air!Library! (A lifetime or more, 2003), avant de rejoindre l'Islande suite aux invitations répétées des membres de Sigur Rós et Amina (quatuor à cordes islandais qui accompagnent leurs illustres compatriotes sur scène).
A Sundlaughin, une ancienne piscine aménagée en studio d'enregistrement et avec l'aide de ses hôtes, LaValle signe avec In a safe place (2004, City Slang), un disque qui s'aventure vers de nouveaux horizons plus indie-électroniques mais avec toujours cette base post-pop/ rock qui fait sa marque de fabrique. Après In a safe place sur lequel viennent tour à tour faire une apparition Pall Jenkins (The Black Heart Procession) et Jonsi Thor Birgisson de Sigur Rós, James LaValle livre un nouvel album en 2006 : Into the blue again (Subpop/ V2/ Cooperative Music). Où l'opportunité idéale de s'intéresser enfin à son oeuvre.

The Album Leaf / Chronique LP > Into the blue again

the_album_leaf_into_the_blue_again.jpg Il y a des gens qui ont besoin de se faire prescrire des anxiolytiques pour oublier les soucis du quotidien, d'autres pour qui la musique peut être un exutoire idéal aux ombres qui planent sur leur âme. Alors, pour ces gens-là, The Album Leaf sera sans doute un remède idéal. Car Into the blue again est la meilleure façon d'appréhender l'oeuvre de James LaValle, l'artiste qui se cache derrière le pseudo de The Album Leaf. Adepte de mélodies graciles, d'instrumentations éthérées et d'arrangements feutrées, l'homme livre sans doute avec ce nouvel effort, la quintessence de son oeuvre. Lorsque les premières mesures de "Light" retentissent, on est sous le charme, lorsque ce morceau introductif se termine, on est déjà conquis. Quelques cordes qui viennent saupoudrer une mélodie douce au coeur des nappes éléctro ambiantes, une atmosphère lunaire typiquement islandaise, l'artiste nord-américain réussit parfaitement son entrée en matière.
Soucieux de ne pas perdre l'auditeur au cours de ce voyage vers les cieux de la musique atmosphérique, James LaValle livre alors le single de l'album. "Always for you", où la pop contemplative coulée dans quelques trouvailles éléctroniques du plus bel effet fait véritablement des merveilles. Evidemment, ça reste très facile d'accès (trop peut-être...), mais ce morceau démontre la capacité qu'à The Album Leaf pour l'écriture de morceaux fédérateurs, légers et apaisants. Mais, là où l'auditeur comprendra qu'il tient là une "master-piece", c'est avec "Shine". Un morceau aux instrumentations sensorielles, à la mélodie terriblement envoûtantes, où tout se trouve finalement dans le titre : "shine". Une pluie de notes baignant dans le calme absolu des paysages nordiques. Panorama idyllique, onirisme latent, les compositions formant Into the blue again, se suivent, s'entremelent alors même que le violon porte bout d'archet, des mélodies post-classiques fragiles et poudreuses sur lesquelles Pall Jenkins (The Black Heart Procession) vient discrètement poser sa voix ("Writing on the wall").
Souvent instrumentale, la musique composée par James LaValle ne suscite jamais l'ennui, au contraire, elle transporte son auditeur vers des contrées musicales rarement explorées (on pensera évidemment à Sigur Ros, à Mùm également), mais l'artiste parvient pourtant à éviter l'écueil du "déjà vu/ déjà entendu", pour délivrer quelques pépites mélangeant éléctro minimale soyeuse, indie-pop céleste et ambiant habité, pour un résultat émotionnellement intense ("Red-eye", "See in you"), sobre et étonnament chaleureux... ("Wishful thinking"). En un mot : merveilleux... à tous les sens du terme.