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2005, Rouen, The Last Day of Icarus vit ses derniers jours mais a déjà en tête un nouveau projet : Alaska Pipeline. C'est un trio guitare-basse-batterie qui se veut assez discret sur lui-même mais part à la conquête du monde en mettant à dispo sur le net ses 3 premiers titres (Alaska pipeline demo) qu'ils ont enregistré en octobre 2005 et emballé dans une pochette asiatique...
Suite des aventures du combo fin 2007 avec toujours un joli site, un bel artwork et pas de nom pour le CD (Alaska pipeline)...

Alaska Pipeline / Chronique LP > Master of puppets

Alaska Pipeline - LP Après deux EPs congratulés par mon collègue Oli, j'étais plutôt en joie de voir arriver l'album d'Alaska Pipeline dans ma boite aux lettres. Car s'il y a bien une époque qui captive mon attention musicalement, c'est bien les années 90 et plus particulièrement la clique de Dischord (Faraquet, Fugazi, Q And Not U...) et tout ce qui entoure ce fabuleux label. Et ça tombe plutôt bien parce que les Alaska Pipeline se nourrissent de ces influences (Karate, Fugazi, Jawbox...). Parfaitement digérées, les influences d'Alaska Pipeline ne se ressentent d'ailleurs qu'en filigrane et c'est bien là le point fort de ce disque, surtout quand il est accouplé à un songwriting solide et racé.

Comme tu l'as surement déjà compris, Master of puppets n'est pas un hommage au thrash de Metallica, ça sent le post-hardcore à plein nez mais avec plein de ramifications qui les distinguent de la masse : quelques petites touches punk par çi ("The mouse, the nose, the eyes"," Address, a dress"), quelques relents math-rock et jazz par là ("Terror"), le tout en restant cohérent et percutant. Quant à la voix, elle est dans la grande tradition du genre : un chouette grain (un peu à l'instar de Geoff Farina de Karate), pas de fioritures et de l'émotion par palettes. Un sans faute qui sera total car les Alaska Pipeline ont même soigné la forme au travers d'une édition vinyle plutôt très classe et abordable (cf : la pochette de la chronique) avec même un petit cd promo à l'intérieur pour que tu puisses aussi gouter au plaisir d'écouter Master of puppets dans ta 205 GTI cabriolet. Après deux EP réussis, Alaska Pipeline confirme tout le bien que l'on pensait déjà d'eux. Deux pouces levés.

NdR : Pour les pointilleux du bulbe, Karate n'était pas vraiment sur Dischord mais la soeur de Geoff Farina est en couple avec Ian Mc Kaye, Big boss du label. C'est pareil non ? [cf : Cactus, également chroniqueur people]

Alaska Pipeline / Chronique EP > Alaska pipeline

Alaska Pipeline - Alaska Pipeline EP Après une démo composée de 3 titres, Alaska Pipeline remet le couvert en doublant presque notre temps d'écoute avec un EP. Mais ces changements dans la durée et le format ne sont pas les plus importants. En effet les Alaska Pipeline semblent s'affirmer et avoir pris en confiance en eux, n'hésitant plus à chanter et à faire s'entrechoquer ses mélodies vocales avec leurs rythmiques chaotiques. Si le chant prend désormais beaucoup plus de place, les textes ne sont toujours pas forcément prépondérants, les titres "Wasted voice" ou "We got a chorus !" parlent pour eux-mêmes, ces deux-là sont pourtant parmi les plus intéressants et les plus accrocheurs, car pas trop barré dans des influences jazz comme ce "Left brain" qui bouscule Karate. Les compositions sont très courtes mais riches en idées et en trouvailles diverses (les cloches de "Lightbulbs" !), avec celles qu'on trouve dans un titre de deux minutes, certains pourraient écrire un album entier... Alaska Pipeline est constamment en mouvement, c'est ce qui fait leur charme, ça et une forme de fébrilité, un peu comme s'ils cherchaient continuellement leur équilibre et devaient faire contrepoids, avec une nouvelle idée partant dans une autre direction.
Alaska pipeline est donc un EP dont l'écoute est à réserver aux auditeurs les plus avertis, car rien n'est facile avec les Normands. Pas question de laisser tourner la galette en musique de fond, elle accapare forcément l'attention. Maintenant que tu es averti...

Alaska Pipeline / Chronique EP > Alaska pipeline demo


alaska pipeline Que c'est court ! 3 petits titres, moins de 8 minutes 30, c'est bien evidemment trop court pour cerner Alaska Pipeline et pour en faire des tartines... Le pipe-line venu d'Alaska nous envoie à haut débit du pop-rock ennivrant chanté-parlé en anglais et malgré le relatif minimalisme de l'affaire (le trio n'a pas surchargé ses compos), on est tout de suite emballé par les accords sombres qui viennent trancher des rythmes titubants. Leur approche de la musique est axée sur les instruments, la voix semble n'être qu'un supplément, un accessoire et en aucun cas le groupe espère transmettre un message particulier ("Rather die than write the lyrics" !). Quelques passages donnent dans le rock expérimental lorgnant vers les constructions jazzy et dés que la pédale de disto est enfoncée, on revient aux bases purement rock'n'roll super accrocheuses.
Timide, la première approche se fait via "Jeff Goldblum" (qui a droit à leurs honneurs certainement bien plus pour sa participation active dans Les aventures de Buckaroo Banzaï à travers la 8ème dimension que pour ses rôles dans Jurassic Park, Neuf mois aussi ou Independence day !) où se murmure un Alaska pipeline histoire de faire les présentations en douceur. La glace est rompue avec une superbe dynamique et une envie d'accélérer l'aventure, la transition avec l'intro toute calme de "Rather die than write the lyrics" n'en est que plus intéressante. Le schéma est le même pour la suite, on s'emballe dans la deuxième partie du titre pour exploser en vol et repartir calmement avec "Free 12'' rythm", là, les ex-The Last Day of Icarus attendent moins longtemps pour passer les vitesses et appuyer sur la pédale mais c'est pour mieux pouvoir revenir dans la douceur par la suite. Et c'est déjà fini.