alamo_race_track_black_cat_johnson.jpg Les fans de pop hype dansante en tout genre, avides de renouveau, peuvent désormais se tourner vers Alamo Race Track. Pour une fois que ce genre musical n'est pas représenté par des anglo-saxons, on ne va pas se gêner d'en parler. Ces bataves apportent, avec Black Cat John Brown, une grosse bouffée d'air frais à un style où les groupes se ressemblent de plus en plus. La différence frappante avec ces derniers se situe dans le son et la variété des compositions. En effet, les chansons d'Alamo Race Track (ART) ont un côté "rétro" qui se laisse fortement apprécier. L'entrée en matière en est un parfait exemple : la chanson éponyme "Black Cat John Brown" nous rappelle un peu les mélodies blues folk de 16 Horsepower. La diversité de la palette sonore de cet album est telle qu'il n'y a pas de lassitude à l'issue de l'écoute de ces 12 titres. Ainsi, nous retrouvons un condensé de The Strokes et Joy Division sur "Lee J. Cobb is screaming a lot", "The open sea" rappelle Arcade Fire, les choeurs de "Black Cat John Brown" font penser aux suèdois Peter Bjorn and John, "Kiss me bar" nous replonge dans les années soixante, un peu de post-punk nous est délivré avec "Don't beat this dog"... On se surprend même à frapper dans ses mains à l'écoute de "Stanley Vs.Hannah", se dandiner sur "The northern territory", enlacer sa/son bien-aimé(e) sur "Breaker-breaker 1-2" ou se noyer dans le déluge de son de cordes avec "On the beach". Les douze chansons de cet opus enregistré au studio Excelsior de Weesp, tout près d'Amsterdam, s'enchainent plutôt bien et l'ensemble s'enrichit à force d'écoutes. Certaines compositions sont agrémentées de la voix d'Hulya Kilicaslan (dont "Don't beat this dog" avec son compagnon Jelle Paulusma, ex-chanteur de Daryl-Ann), une amie du groupe photographe de son état. Bien que la plupart des chansons aient été composées lors de la tournée française du premier album à l'automne 2005, Black Cat John Brown a été plutôt long à enregistrer. Selon les dires du chanteur, ART ont passé seulement dix jours en studio en l'espace d'un an (leur label hollandais ayant eu quelques soucis pour leur trouver des créneaux horaires pour enregistrer). Pour la petite histoire, le titre de l'album fait référence à John Brown, un gros chat noir qui se posait régulièrement la nuit sous la fenêtre de l'appartement du chanteur Ralph Mulder pendant qu'il composait la chanson éponyme. On envierait presque ce gros matou qui doit probablement connaitre les prochains airs de la suite discographique de ces hollandais presque volants.