Akira & the Airborne Particles Avec un titre pareil ("True love waits" est l'un des morceaux les plus connus [et réussis] de Radiohead), on aurait pu s'attendre à quelque chose de très indie-pop rock de la part du premier effort d'Akira & the Airborne Particles, soit Akira a.k.a Mathieu S. en solo. A tort. Car cet album où l'ex-Agora Fidelio fait absolument tout (chant, basse, guitare, programmations, percussions vocales et production), est un disque sur lequel se mêlent mille influences, sonorités et ambiances, le tout composant la bande-son d'un road-trip nocturne à la cinégénie appuyée. Nappes électro, atmosphères vaporeuses, quelques gouttes d'une pop mélodique qui tombent délicatement sur des arrangements langoureux, distillés avec retenue par un compositeur déjà maître de son sujet. Quelques accents plus électriques, un chant trafiqué et ce sens de la mélodie au groove apaisant et harmonies cotonneuses ("Some water afraid of noise"), beats électro-pop appuyés, "I know a way" joue avec des rythmiques qui rebondissent sur la platine True love waits nous emmène pas à pas dans un monde musical chimérique, presque irréel et qui stimule notre imaginaire.
Car Akira développe ici un délicieux cocktail d'électro-trip-hop-rock enfiévré avant de poursuivre son aventure en solo avec un "Prevent me from seeing pictures" empreint d'une douce poésie narcoleptique. Invitation à l'errance nocturne, portée par une mélodie lunaire nous transportant hors du temps, cette ballade solitaire dissimule son spleen existentiel sous des discrètes vaguelettes d'effets synthétiques. Synthétique justement, c'est le mot-clef du très court "Tears are watching me" aux fulgurances et groove hip-hop, dont la brièveté n'entache en rien son efficacité. A l'image de sa suite : "Flowers", morceau le plus easy-listening de l'album. Samples, mélodie légère, tempo enlevé et percussions vocales, ce cinquième des neuf titres de l'album reste passe-partout (mais qui oserait le passer en radio ?), alors que la suite et fin de True love waits va nous emmener vers des panoramas musicaux dont on ne peut que reconnaître qu'ils possèdent quelque chose de très cinématographique. Car Akira & the Airbone Particles, c'est un projet dont les morceaux siéraient parfaitement à l'habillage sonore d'un court ou long-métrage de fiction, une musique claire/obscure habitée par l'univers très personnel de son auteur ("Someone else but you...", "Her necklace"). Petites trouvailles électro-acoustiques, synthé-pop sensuelle et onirique, "Tortoise & Tarkowski" joue avec les références avant que l'atmosphérique et gracile "The beginning of the end" ne vient refermer ce premier album aux antipodes de ce à quoi nous avait habitué Akira avec son projet précédent... Différent certes, mais tout aussi envoûtant.