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Biographie > Microcosme atmosphérique

Quintet rock atmosphérique originaire de la ville rose, entendez par là, Toulouse, Aeria Microcosme est né au milieu de l'année 2004 sous l'impulsion de cinq musiciens : Béra (chant), Nina (claviers), Baptiste (guitare), Murray (basse) et Yohan (batterie) désireux d'associer leurs sensibilités musicales dans le but de concevoir une musique qui leur soit propre. Celle d'Aeria Microcosme. Une musique que le groupe a voulu à la fois sombre et expérimentale, séduisante et intense, afin de l'enregistrer sur une première démo éponyme qui voit le jour en septembre 2005.

Aeria Microcosme / Chronique LP > 8

aeria_microcosme_8.jpg Après une première démo inédite et des louanges unanimes dans la presse dite "spécialisée" (ce qui ne veut pas forcément dire grand chose), les cinq toulousains d'Aeria Microcosme passent à l'étape suivante : ce fameux premier album, écueil redouté, obstacle infranchissable ou consécration artistique collective pour un groupe qui n'attendait que ça ? Comme souvent, les paris sont ouverts. D'autant plus qu'ici, le groupe a tendance à s'éloigner de plus en plus de son modèle (en l'occurence The Gathering, pour tendre vers quelque chose de plus personnel et affirmé. Et, du coup prendre le risque, en s'affranchissant de ses influences d'évoluer un peu dans les contrées de l'incertitude.
Pourtant, c'est justement là, que 8, premier album studio complètement autofinancé par le groupe réussi à convaincre. En faisant d'entrée le lien entre leur première démo et cet album, avec une version magnifiquement réorchestrée du déjà très beau "Ambition illusoires" ; puis en jouant avec les ambiances, brumeuses, ouatées, assez cinématographique d'un "A l'heure ou s'égraine le sable". Un piano qui joue les métronomes avec une élégance rare materne affectueusement le chant, une mélodie voluptueuses, des instrumentations baignant dans une douce quiétude, puis une montée en puissance rock vers au coeur de la stratosphère musicale, un decrescendo, puis à nouveau, un éclair rageur, avant que le calme ne viennent définitivement balayer la tempête. Véritable grand huit musical, 8 est un album aux multiples contrastes.
Mélopées atmosphériques, pop douceureuse, orchestrations suaves, nappes de guitares massives, section rythmique mouvante, Aeria Microcosme repousse ses propres limites. Pas toujours à bon escient : un "Seul" inabouti (mais avec la participation du Psykup et Manimal Julien Cassarino), un " Noï", un peu trop abscon et bizarrement torturé. Mais malgré ses quelques défauts, ce premier album du quintet toulousains, est un magnifique écrin recelant en son sein quelques pépites à la richesse infinie ("L'envol", le très pur "Métamorphose", déjà présent sur la démo mais dans une version légèrement différente). Sonorités aquatiques à la Maple Bee avec qui Aeria Microcosme partage un goût prononcé pour les mélodies organiques et sensibles, "Moi et même" nous offre à admirer la facette la plus "trip-rock" de la formation toulousaine... pour un morceau en forme de climax idéal de cet album sans cesse changeants et aux mille nuances. On pense aux univers musicaux de Lisa Germano, K'S Choice et Anathema, on est soufflé par l'efficacité de "L'autre c'est nous" (single évident pour cartonner les charts si une major avait laissé sa chance au groupe...), mais surtout, on reste troublé par les émotions brutes qui se dégagent des onze titres composant 8. La grande classe.

Aeria Microcosme / Chronique EP > Aeria Microcosme

aeria_microcosme.jpg On se serait douté que, le succès aidant, de nombreuses formations dites (et on va être gentils) "suiveuses", chercheraient à emprunter les voies musicales explorées par l'icône The Gathering. Et on aurait donc eu bien raison (sic). Pourtant, objectivement, il convient de différencier deux catégories de groupes : d'un côté, ceux qui plagient sans le moindre remords celui qui a du succès pour n'en être que de vulgaires clones, de l'autre, ceux qui revendiquent humblement un héritage musical, tout en développant un son qui leur soit propre. Aeria Microcosme est de ceux là, de ces groupes de rock atmosphériques qui savent manier l'art de la composition pour livrer des morceaux de rock sombre, éthéré et métaphorique (l'introductif "Ignition") évoquant inévitablement l'oeuvre de The Gathering sans pour autant se laisser enfermer dans le carcan du modèle que l'on essaie vainement de copier.
Un clavier annonciateur d'heures sombres, lignes de guitares désenchantées, un chant au diapason triste et mélancolique, "Ambitions illusoires" est à l'image de son titre. Beau à en pleurer, tout en finesse et émotions. Sensoriel, toujours à fleur de peau, le rock atmosphérique d'Aeria Microcosme déploie lentement ses instrumentations magnifiquement travaillées et sa voix pleine de grâce le temps d'un "Frères de sang", mélodieux, intimiste et élégant. On pense alors que le quintet toulousain va poursuivre dans cette voie. Et l'on se trompe lourdement. Cavalcade batterie/clavier, "Microcosme" marque un changement dans le tempo imprimé jusque là sur cet EP. Le groupe toulousain lâche les chevaux et fait cette fois parler la puissance et la maîtrise technique, sans pour autant délaisser ce qui faisait la beauté des précédents titres : des ambiances progressives, un chant stratosphérique et épuré, des textes plein de finesse, évitant habilement les clichés du genre.
Une fois passé l'exercice de virtuosité formelle, Aeria Microcosme nous offre deux derniers titres, le mélodieux "Le silence m'a dit", et surtout le sublime "Métamorphose". Une pluie de notes au clavier subtilement distillées, une section rythmique toute en retenue, un chant dépouillé, le quintet livre une ultime composition du calibre des cinq précédentes sinon supérieur. Un morceau qui apparaît comme l'essence de ce dont est capable ce jeune groupe toulousain : où quand rage, puissance, intensité, douceur et émotion parviennent à trouver un terrain d'entente, harmonieux et envoûtant ; qu'un jeune groupe faisant ses débuts se révèle être, en l'espace d'un petit EP, l'un des plus sûrs espoirs de la scène rock made in France. En attendant maintenant un premier album. Chapeaux bas.