Addicted - Recipe for the sick Vous connaissez sûrement ce rituel récurrent des fins de soirées bien arrosées : quand celle-ci vient à son terme, les fonds de bouteilles d'alcools divers échouent dans un même récipient dans le but d'obtenir une mixture certes inédite mais souvent à l'aspect peu ragoûtant et au final souvent totalement imbuvable même pour les estomacs les plus solides. Les Addicted ont probablement utilisé le même procédé avec leur musique sauf qu'ici le résultat est carrément différent : leur musique à une allure terrible et on en redemande des décoctions de ce genre car ça goûte foutrement bon aux oreilles : quelques gorgées d'Entombed, une cuillère à café (avec du Jack Daniels of course) de Pantera, une bonne dose également d'un je-ne-sais-quoi hard-rock & Southern rock (Artimus Pyledriver par exemple) qui leur donne ce truc qui fait la différence et vous obtenez Recipe for the sick d'Addicted.
"First round", le premier titre est assez révélateur de l'état d'esprit du groupe et la manière avec laquelle il faut aborder ce disque : des rounds, Recipe for the sick en contient 12 pour à peu près une heure de musique à l'agressivité bestiale et à l'éthylisme chargé. Les Addicted savent tailler dans le gras pour obtenir un résultat direct et furieusement carnassier ("Bad memories") mais ils démontrent également une disposition plus vicieuse pour le développement d'ambiance dérangée et malsaine ("Alcoholic depravity" et "Cerebral fog") ou des murs de guitares hypnotisant enivrent l'auditeur et l'incitent à chevaucher la monture Addicted dans ses vagues successives de décibels. Le rodéo est éprouvant, d'autant plus que la bestiole se démène comme il faut pour emmener son cavalier dans les antres de la débauche alcoolisée. Le souci c'est qu'à force de se faire chahuter de la sorte, on finit par s'y habituer rendant par la même occasion l'écoute du disque parfois un peu redondante et monotone. Il serait peut-être judicieux de scinder l'écoute du CD en deux fois, d'autant plus que les Addicted font preuve d'une certaine constance dans le pilonnage sonore de qualité. Le groupe pêche par excès et on leur en veut pas : les excès, ça fait carrément partie de la philosophie "Addicted" ("Dudes, music and alcohol... ")
Enfin, et si vous n'êtes pas encore convaincu par l'objet, si on vous dit que Pierrick (ex-Scarve, Agressor, Phazm) est de la partie (à la basse) et que son nouveau projet est plutôt du même (très gros) calibre que les groupes sus-nommés : a consommer sans modération si t'a pas peur de la gueule de bois fatidique. Cheers !