a_red_season_shade.jpg On pense souvent que la scène emo-pop rock du sud de la France souffre d'un manque évident de formations capables de marquer durablement les esprits hormis Curtiss ou Dont Look Back dans une veine plus post-rock. Ce qui n'est pas complètement exact en réalité, seulement que faire lorsque l'on préfère dire que ladite scène émo-rock est sinistrée alors que l'on ne se donne même pas la peine de regarder avec attention ce qui devrait pourtant être une évidence. Complexe bien français apparemment, puisque A Red Season Shade le prouve, il y a de jeunes combos originaires du sud de la France, qui sont paradoxalement inconnu dans nos contrées et qui connaissent un véritable succès d'estime hors de nos frontières.
Comment expliquer le fait qu'un groupe tel que celui-ci puisse signer chez les suisses de Gentlemen Records (Favez et Houston Swing Engine tout de même...), sinon une édifiante inculture rock ou un véritable problème de communication vis-à-vis des médias. Quoi qu'on en dise, au moment de sortir The outcome fosters detachment en France, A Red Season Shade est précédé d'une flatteuse réputation héritée de ses concerts donnés en Suisse ou en Allemagne. Vérification faite, après un introductif "Dark sketch" sommes toutes assez nébuleux, le groupe prouve de manière incontestable que sa signature chez Gentlemen Records n'était en rien usurpée. Emo rock intense ("Failure for some ways") ou pop-song plus intimiste aux influences post-rock ("Fire harbor days"), A Red Season Shade confirme sans attendre les espoirs suscités par les échos en provenance de l'étranger. Touchés par la grâce, les membres du groupe livrent alors un "Rising on the bright and serene friends" où la longueur du nom de ce morceau n'est pas le seul point commun avec Explosions in the Sky. Ciselé à la perfection, inventif et profond, ce titre imprime sa marque dans l'esprit de l'auditeur.
Passant d'un genre à l'autre (indie rock, pop, post-rock) sans coup férir, le groupe livre une dizaine de compositions au songwriting éminemment sensoriel et instrumentations aussi variées qu'inspirées (le sublime "Dwaze zaken" uniquement au piano...). A Red Season Shade s'offre ainsi tout au long de ce qui n'est que son premier album, une série de pépites mélodiques d'une rare intensité. Tout en finesse et subtilité ("Praising the distance concept", "The I fall"), le groupe marque d'une pierre blanche son entrée dans la cour des formations les plus à suivre du moment. La (très) grande classe.