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Collectif composé d'une dizaine de musiciens, Godspeed You! Black Emperor, l'un des groupes initiateurs du mouvement post-rock, a outre, une discographie quasi irréprochable, donné naissance à plusieurs projets d'envergure pour le moins variable dont le plus célèbre est assurément A silver Mt Zion, ASMZ, également baptisé The Silver Mt. Zion Memorial Orchestra and Tra-la-la Band, The Silver Mt. Zion Memorial Orchestra and Tra-la-la Band with Choir ou Thee Silver Mountain Reveries. Le groupe se forme en 1999 sous l'impulsion de Efrim Menuck, Sophie Trudeau et Thierry Amar, trois membres de GY!BE et enregistrent l'album He has left us alone but shafts of light sometimes grace the corner of our rooms... en 2000. Suivent à intervalles réguliers trois autres albums (dont Horses in the Sky en 2005) et un EP, Pretty little lightning paw, tous paru chez la référence du genre : Constellation Records (Godspeed You! Black Emperor, Do Make Say Think, Hangedup, Hrsta...). Après trois ans de hiatus, ASMZ sort de l'ombre en 2008 avec un nouvel opus : 13 blues for thirteen moons

A silver Mt Zion / Chronique LP > 13 blues for thirteen moons

asmz_13_blues_for_thirteen_moons.jpg A silver Mt Zion est à l'image de Godspeed You! Black Emperor : quasi unanimement encensé par la presse, écrite, radio ou internet... mais comme tous les buzz du même genre, il y a parfois peut-être un peu d'exagération dû à un emballement collectif démesuré. A l'écoute de 13 blues for thirteen moons, on est parfois enchantés, d'autres fois plus circonspects... dans l'attente d'une vague musicale qui emportera tout mais qui finalement se fait attendre pour ne jamais parvenir jusqu'à nous. Parfois, mais heureusement pas toujours. Dès le départ, ASMZ surprend son monde avec douze pistes audio de quelques secondes chacune qui se succèdent afin de former un ersatz de mélodie, stridente et déglinguée, dérangeante et parfaitement inutile. Une agonie. Une fois passée cette "introduction" ratée, le groupe nous fait entrer de plein pied dans son album avec le fragile "1,000,000 died to make this sound", sorte de boucle post-rock sans fin, au chant hésitant et à la mélodie douloureuse.
De mélopées stratosphériques en crescendo enflammés, chant toujours sur la corde raide et plus qu'approximatif (c'est tout un concept ici...), instrumentations sous tension permanente, quelques envolées épiques, le titre éponyme de 13 blues for thirteen moons poursuit dans la même voix que son prédécesseur. Un gros quart d'heure de musique (tous les morceaux de l'album dépassent les treize minutes...), basé sur la répétition des motifs musicaux et des voix qui se superposent habilement. On s'interpelle, on se répond, on pose quelques arrangement à cordes graciles, des montées en puissance épiques, des plans qui se superposent, c'est parfois un peu à la limite de la rupture mais pourtant, le groupe parvient toujours à retomber étonnamment sur... ses cordes. Classe. Un chant bien difficile à appréhender (un peu comme les compagnons de label Hrsta), une mélodie à fleur de peau ("Black waters blowed/ Engine broke blues"), A siver Mt Zion procède par tâtonnements, délivrant une musique parfois abstraite, parfois plus concrète, qui malgré d'évidents défauts de fabrication, parvient même, chancelante à faire naître des émotions intenses au travers quelques crescendo passionnés ("Blindblindblind"). ASMZ a beau être surestimé, il possède quelque chose que beaucoup n'ont assurément pas...