7 Weeks - Sisyphus Les 7 Weeks seraient-ils condamnés à toujours refaire la même chose ? Ecrire un album, l'enregistrer, le défendre sur scène puis tout recommencer et comme Sysiphe remonter leur boulet au sommet avant de, de nouveau, le voir dégringoler ? Ils n'ont pourtant pas défié la Mort (ou alors, ce serait les zombies qui voudraient se venger ?) et repartir de zéro pour chaque nouvel opus ne semble pas non plus être la pire punition pour les Limougeauds qui ont encore quelques idées derrière la tête d'ampli.

Après un phénoménal A farewell to dawn, ils reviennent donc avec ce Sysiphus (à l'artwork au moins aussi réussi), un album plus difficile d'accès et qui n'offre pas que des titres au pouvoir excitant instantané. Celui qui étudierait la moyenne du tempo de l'album le trouverait certainement moins speed que les précédents, ou alors, c'est que les deux premiers titres, "Gone" et "Idols" lancent la machine avec douceur (ça n'empêche pas de tomber en adoration devant le mariage basse/chant du deuxième), "Sisyphus" est plutôt cool, "Breathe" assez posé et "The crying river" plus pesant, on a donc plus de la moitié des compositions qui sont marquées par d'autres choses que leur rythme endiablé. C'est par exemple la distorsion de la guitare de "Breathe" ou le chant dédoublé de "The crying river" qu'on retient plus aisément. Si tu veux te déchaîner, il faut te contenter de "Solar ride" qui correspond tout à fait au cahier des charges du titre rock péchu qu'on kiffe dès la première écoute. "Magnificent loser" n'est pas aussi direct mais les relances et la rage sournoise qu'on perçoit font de ce morceau un titre à part. Le nerveux "Insomniac" n'est pas aussi jouissif que d'autres mais fait le job sans perdre de temps. Enfin, "667-off" offre de nombreuses variations dans les sons comme dans les rythmes, avec un large panel de ce que peut offrir le stoner comme 7 Weeks, la version studio est assez épique, sur scène, c'est le genre de titre à clôturer des sets où les compos incendiaires n'auront eu de cesse de faire monter la température.

Ils en sont où les gars avec leur rocher (leur rock en anglais) ? Ils le poussent ou ils vont le retrouver en bas de leur montagne ? J'en sais trop rien. D'ailleurs je ne sais pas non plus où j'en suis, avec le mode "répétition automatique", j'écoute Sysiphus en boucle sans plus trop savoir si je suis en montée ou en descente. Peu importe, les deux directions me plaisent.