65daysofstatic - We were exploding anyway Réinvention par nécessité. Voilà en trois mots comment on peut définir We were exploding anyway par 65daysofstatic, jusqu'alors LE spécialiste de la cause post-rock électronique et survolté. Un cocktail explosif qui avait pour constante de faire voler en éclat les codes d'un genre par trop souvent cloisonné et devenu par la force des choses parfois un peu poussif. Mais ça c'était avant. L'hybridation absolue pour seule définition, les Anglais mélangent ce qu'ils faisaient par le passé avec une énorme dose d'electronica, assaisonnent l'ensemble d'un rock frondeur digitalisé et envoient la sauce comme ça, sans prévenir.

Le résultat est détonnant : on se demandait parfois à quoi pourrait ressembler Mogwai dans vingt ans après avoir frayé avec The Prodigy, on a la réponse en avance sur le futur via des tubes du calibre de l'imparable "Crash tactics", du proto-futuriste "Dance dance dance" ou de l'inaugural "Mountainhead". Aphex Twin, Radiohead ou M83 passent dans le mixeur d'un 65dos qui "synthétise" le tout avec un esprit punk, une hargne électrique dopée par des machines qui enflamment délicieusement les amplis ("Weak4"). Instru et arrangements s'entrechoquent violemment à coups de drum'n'bass musclée, le groupe laisse de côté l'étiquette ambient/post-rock pour la reprendre (un peu) quelques instants plus tard ("Come to come") et poursuit son cheminement créatif sans sourciller. Bluffant.

Que ce soit dans l'électronique clashy et outrancière ("Go complex") ou dans quelque chose de plus feutré et élégant ("Piano fights"), le 65daysofstatic 2.0 pulvérise les étiquettes musicales et évolue désormais dans l'oeil d'un cyclone créatif qu'il a lui-même initié. Une tornade sonore revitalisant le post-rock mutant d'un quartet qui fait à peu près tout ce qu'il veut avec une maestria étourdissante ("Debutante"), osant même un final à l'exubérance électro folle mais à l'intensité virtuose ("Tiger girl"). Preuve que si cette mini-révolution au sein de son univers musical était dictée par l'impérieuse nécessité (évoquée plus haut) de ne pas se répéter encore et encore, le groupe a su intelligemment métamorphoser sa musique, tout en conservant l'énergie et l'inventivité primale qui faisait toute la puissance de son songwriting originel.

Electrisant.