65daysofstatic live à Lille (2006) 65daysofstatic live à Lille (2006) Il est aux environs de 19h quand le trio lillois Neko "monte" ou plutôt accède à la scène pour tranquillement lancer ce concert de jour férié avec "Fairy gig" (un vieux titre qu'ils ont réarrangé récemment pour fêter le 100ème numéro de Presto). La batterie monte doucement, la basse se met à groover sérieusement, la guitare s'envole, le post rock de Neko est en place. En 3/4 d'heure, le trio nous livre 7 titres qui flirtent avec le dernier Mogwai : accrocheurs et envoutants. A la précision des notes s'ajoute leur harmonie et comme toujours avec Neko, c'est un régal, le set s'achève avec deux valeurs sûres : "Jukebox" et "Silver & chrome"...
Le temps de changer le matos, de boire une bonne bière pas chère et on se rapproche des enceintes... Les quatre de Sheffield prennent possession de leurs instruments avec une certaine nonchalance, aussi calmes que quelques heures auparavant durant l'interview... Le sample tourne et en une fraction de seconde l'ouragan 65daysofstatic s'abat sur nous ! Crise d'épilepsie collective ? Non, c'est juste une explosion d'énergie et de décibels, malgré l'espace plus que réduit qu'ils ont pour évoluer, les deux guitaristes et le bassiste sautent dans tous les sens, le batteur trépigne sur son siège, c'est très impressionnant... D'autant plus qu'ils sont musicalement irréprochables (ou alors, il faudrait juste leur dire de baisser un poil le son en façade...). Ca joue diaboliquement bien et c'est encore plus efficace que chez soi... Les titres des Anglais mixant agréablement instruments virevolants et samples hypnotiques, c'est avec curiosité que je me demandais comment ils allaient transposer cela sur scène, la répose est simple : ils jouent tout à fond, oubliez les clichés des pianistes/samplers vissés à ses touches et remuant tête et épaules au plus fort de son effort, ici le préposé au sample n'est pas défini, la machine est là, joue toute seule ou est aidé par l'un des trois frontmen, quant au piano, il se joue uniquement guitare dans le dos... Rares sont les moments de calme dans le set, juste les quelques secondes pour changer de gratte (bravo le tekos), pour se réaccorder ou pour dire quelques mots en français "merci beaucoup" ou en anglais pour expliquer qu'ils sont contents de donner leur premier concert en France ou pour demander à ceux du fond de venir danser devant et de ne pas s'embêter avec les photographes (comprendre Izo et moi) qui de toute façon ne font pas vraiment partie du public... Tu parles... L'intensité du concert subjugue le public qui ne voit pas le temps passé mais comprends bien qu'on est déjà à la fin du concert quand les acclamations raccompagnent le quatuor dans les loges... Ils ne reviendront que pour un titre mais ce petit bonus de bonheur en barre est le bienvenu. Noir, musique plus douce, ça y est c'est fini, la tempête est passé, on peut rentrer dans nos abris...