rock Rock > 3 Seconds of Air

Biographie > Quand le temps suspend son vol...

3 Seconds of Air réunit 3 musiciens Belges, évoluant régulièrement ensemble depuis l'année 2000. 3 personnages, 3 visages différents, mais un plus connu pour être l'homme derrière lequel se cache l'entité Fear Falls Burning. On l'a compris, à ces heures perdues, Dirk Serries, rejoint donc Martina Verhoeven et Paul Van Der Berg dans ce projet à la configuration originale : 2 guitares électriques, 1 basse. Une histoire de chiffres et de textures sonores que le groupe s'amuse à faire évoluer entre musique psychédéliques empruntant autant aux 60's qu'aux 70's, le tout en bénéficiant du matériel d'aujourd'hui. Amplifiée et évoluant autant vers les contrées blues que sur des nappes ambient, avant-gardiste ou plus frontalement noise, la musique de 3 Seconds of Air est pour la première fois couchée sur support physique au printemps 2009. Et pour publier tout ça, rien de plus naturel que de passer par Tonefloat, label néerlandais spécialisé en musiques expérimentales d'avant-garde (ou pas du reste) et hébergeant régulièrement les sorties made in Fear Falls Burning ou les side-projets de Steven Wilson (No Man, Porcupine Tree...).

3 Seconds of Air / Chronique LP > We are dust under the dying sun

3 Seconds of Air - We are dust under the dying sun Ce qu'il y a de bien avec le label Tonefloat, c'est que les gens qui le dirigent ont parfaitement compris qu'un disque, c'était autant un contenu qu'un contenant. Et vice-versa. Que les deux étaient indissociablement liés et que donc que l'expérimental, c'était bien, mais si c'était pour le coucher sur un vague CDr avec boîtier cristal basique, cela n'avait en définitive que peu d'intérêt. Et de fait, que ce soit sur les éditions CD cardboard sleeve ou pour très belles les versions LP de ses productions, les Fear Falls Burning, Porcupine Tree, Ron Geesin ou les essais solo de Steven Wilson (le leader de PT), le label néerlandais veille systématiquement à faire les choses avec un souci aigu de la qualité...
A l'heure de sortir le deuxième album de 3 Seconds of Air, side-project de Dirk Serries aka Mr.Fear Falls Burning, le label ne change pas sa ligne directrice et offre un bel objet recelant trois nouvelles compositions du trio belge, flirtant ou dépassant systématiquement le quart d'heure de musique. Musique justement qui se veut minimaliste et raffinée ("When desolation strikes an eye"), légère, ambient et propice à l'évasion des sens. On retrouve ici ce qui faisait l'intérêt du projet sur The flight of song, ces accords d'instruments qui viennent lentement hypnotiser l'auditeur, s'espaçant ou se rapprochant selon le niveau de conscience que le groupe cherche à lui faire atteindre. Rock electro-acoustique d'ascète, le travail de 3 Seconds of Air n'est toujours pas mainstream, ne se laisse pas forcément appréhender aisément mais c'est aussi ce qui fait tout son attrait.
Loin des conventions, sans se laisser enfermer dans un dogme artistique fatalement réducteur, le trio laisse ses mélodies, toujours aussi languissantes, prendre leur envol d'elle-mêmes ("In the dark ocean of agony and affliction"), travaille ses atmosphères et apporte un soin tout particulier à la production de ses compositions. Sculpteurs de sons, les belges esquissent des tableaux musicaux aux panoramas intimistes, aux horizons incertains, s'imposant comme les paradoxes d'une musique où justement, tout simple parfaitement maîtrisé, jusqu'au plus infime détail. Parce que l'oeuvre de 3 Seconds of Air n'est pas de celle dont on comprend instantanément les aspirations, pas plus que le groupe n'est clairement limpide dans ses intentions ; mais au fil des écoutes de l'album, le ressenti évolue et fait voir la musique des belges sous un autre jour. Minimale toujours mais également fascinante pour peu que l'on accepte de s'y perdre...

3 Seconds of Air / Chronique LP > The flight of song

3 Seconds of Air - The flight of song Histoire de chiffres pour commencer : 3 musiciens, 4 morceaux, à peu près une heure vingt de musique. Histoire de musique ensuite : où quand 3 Seconds of Air reste quelques instants en sustentation pour débuter son album avant de passer le reste de son temps à développer des nappes ambient/rock/shoegaze lunaires et hypnotiques. Autant dire qu'au départ, on s'attend à quelque chose de... long. Mais jamais trop long, là réside toute la finesse du projet. Car s'il faut effectivement accepter de se laisse immerger dans la musique du trio, The flight of song possède un magnétisme harmonique qui se révèle peu à peu littéralement enivrant. Les morceaux bercent les songes de leur auditeur, les nappes musicales s'étendent à l'infini pour le plonger dans un coma semi-conscient et définitivement apaisant. Léthargique et aéré, brumeux et éthéré, ce disque dévoile une musique qui veille à brouiller notre perception des choses, à s'insinuer imperceptiblement on ne sait trop comment pour finalement s'imposer à nous. 3 Seconds of Air base son travail sur le minimalisme, par instants électriques, d'autres fois plus jazzy. Le trio puise son inspiration dans les 70's et importe sur The flight... les fondements d'une musique psychédélique et méditative à souhait. Classe. De son côté et comme à son habitude, Tonefloat fait le travail et sort le disque dans un carboard sleeve du plus bel effet. Sans doute que les gens du label néerlandais ont parfaitement assimilé la notion de contenant au service du contenu. En l'état, c'est toujours aussi classe que pour les autres sorties made in Tonefloat et ce ne fait que rendre une fois de plus justice à leur travail de défricheur de nouveaux horizons musicaux.