The 1984 - Room 101 "Julia" a-t-elle à peine le temps de finir son numéro de charme que déjà, on avait compris qu'on tenait là avec The 1984 un très bon représentant de la scène stoner/rock/metal/alternatif belge dont on avait assez peu de nouvelles depuis l'éclosion massive des Cabron, Mogul, Kube et autres Ramon Zarate, majoritairement issus de l'écurie Buzzville Records, à notre plus grand regret portée disparue. Rapidement "Too late" envoie ses riffs aiguisés tâter du groove qui dépouille et "The wall" claque dans les enceintes comme personne. Pas très original mais fougueusement efficace. Entre 3', 3'30 ou 4 minutes et des poussières, les belges goupillent des titres rigoureusement fuselés, calibrés à la demi-virgule pour défragmenter les enceintes façon sport et disperser les miettes dans le désert.
Certes, "Slantwise" et ses motifs rock'n'roll est assez peu convaincant, mais derrière, The 1984 rattrape allègrement le coup sur l'enchaînement stoner métallique / ballade rock "Glass breaker" / "On the lake", qui fait à la fois parler la puissance de frappe et la qualité de songwriting d'un groupe qui, pour son premier album, cherche à faire les choses en grand. Et c'est souvent réussi. Preuve en est "The embrace" qui leste ses riffs de plomb pour mieux faire fantasmer les amplis et carboniser les tympans. Gimmick big-rock, un côté heavy complètement assumé en même temps que le groove stoner alternatif fait toujours ce petit effet qui nous fera assurément y revenir encore et encore, les belges foncent dans le tas, mettent leurs backgrounds respectifs dans leur album quitte à parfois aller un peu loin, notamment dans le délire rock AOR ("Cycle") qui n'est certainement pas ce qu'il pouvait faire de mieux sur ce Room 101.
Heureusement, la fin de l'album vient nous faire oublier cet épisode un peu malheureux à coups de "Such a call" aussi métallique que power-burné et de "Skywards" survitaminé, avant que l'éponyme (mais quand même un peu poussif) "Room 201" ne vienne épiloguer en bouclant un effort de très honnête facture, qui malgré quelques ficelles un peu grossières, se révèle au final fort recommandable (et très joliment packagé soit dit en passant)... surtout pour un premier album.