Oystein Kapperud - 311 / Amnesia Ça faisait quasi une foutue année que l'on avait pas eu de nouvelles du label norvégien Handmade records qui s'était façonné une jolie réputation de pourvoyeurs de disques d'indie rock traumatisés par Sonic Youth mais s'appropriant la formule noisy-rock avec toujours une classe folle et un sens du dérivés-de que l'on a envie tout de même sacrément envie d'écouter et de réécouter (Izakaya Heartbeat, Mindy Misty). Handmade records, c'est aussi des albums farouchement expérimentaux à la manière des assez abruptes à aborder Laconic Zero et les revoici, sous les feux de l'actualité, dans cette frange musicale avec un disque qui tranche singulièrement avec leurs dernières sorties mais toujours estampillé du sceau "qualité" qui noie les oreilles dans le bonheur le plus total. Øystein Kapperud, l'artiste en question, oeuvre en gros dans un univers entre Aphex Twin, Autechre le Brian Eno de Music for airports et Gospeed You Black Emperor... Oui rien que ça mais comme toujours avec le label, c'est particulièrement bien fait et exigeant dans l'investissement qu'il faut donner. Dès le premier véritable titre, "Cinema", Øystein déballe une perles hybride finement ciselée : un morceau presque post-rock teinté d'un piano doucereux, avec un fin brouillard shoegaze et une jolie montée de tension assez classique, mais salopés par des beats et des saturations que ne renieraient pas un Richard D. James. "Mary x" exploite un visage nettement plus orienté electronica mais toujours aussi séduisant : Autechre n'est pas loin, c'est à dire une sphère ou les espaces de silence sont tout aussi importants que la vélocité des beats. La suite, "Drums", rappelle toujours le Aphex Twin le plus mélodieux : des beats percutants et "ping-pongesques" matinés de légères inclinaisons mélodiques tandis que "Exit music (for cinema)" reprend cette orientation post-rock plaisante où les respirations de la musique de Brian Eno sont présentes en filigrane. Bref, vous l'avez compris, Øystein Kapperud est un caméléon qui se fait cotoyer les extrêmes, qui enrichit sa musique avec des ramifications et un savoir-faire toujours pertinent. Amnesia / 311 est un disque passionnant à écouter, égoïstement au casque avec des charentaises aux pieds, son chat sur les genoux et une cigarette illégale dans le creux des lèvres. Bravo Handmade records